Doublure d’Antoine Dupont depuis le début du Tournoi des six nations, le demi de mêlée de Toulon (31 ans, 49 sélections) apprécie d’enfiler à nouveau le maillot bleu après 18 mois de mise à l’écart.
Comment s’est passée votre semaine de relâche du Tournoi ?
Baptiste Serin : Je n’en ai pas eu de repos pour le coup. J’ai joué avec Toulon en Top 14 donc c’était une semaine à peu près normale, avec des entraînements et un match le week-end. Mais retrouver la famille, ça fait du bien…
Vous n’avez pas terminé cette rencontre contre Lyon pour cause de commotion. Comment allez-vous ?
Je prends un coup mais, sur cette même action, je me relève et je la finis… Mais bon, on est obligé maintenant de se faire voir quand on prend un coup. Après, comme je sais qu’il y a parfois des choses un peu bizarres sur les tests, j’étais un peu énervé de le passer sachant qu’on a quelque chose à jouer ici. Je savais que j’avais beaucoup à louper. Mais bon, le test commotion s’est bien passé. Comme je le savais au préalable, il n’y avait rien…
Comment vivez-vous ce Tournoi ?
Avec beaucoup d’envie car ça faisait un petit moment que je ne l’avais pas disputé. J’ai l’impression, dans la tête, de faire partie des nouveaux capés dans le sens où, tout ce qu’on me donne, je le prends avec beaucoup de plaisir. Et puis tout se passe bien. Le groupe vit très bien ensemble, il y a de bonnes performances. On est encore en jeu pour remporter le Tournoi, pour peut-être faire le Grand Chelem. Il n’y a que du positif pour l’instant.
Je me concentre sur ce qui arrive plutôt que faire des plans sur la comète. Ce qui se passe aujourd’hui est, pour moi, peu révélateur de ce qui peut se passer dans plusieurs mois.
Est-ce que ça vous donne des idées, notamment en vue de la Coupe du Monde 2027 ?
J’arrive de très loin. Je sais le travail que j’ai fait pour revenir ici, les péripéties qui se sont passées, que je suis là parce qu’il y a eu des blessés aussi… Donc je préfère profiter du moment que je suis en train de vivre. Franchement, c’est tellement lointain. J’ai déjà disputé une Coupe du monde (2019), une autre où je suis resté à quai (2023), je suis bien placé pour savoir que ça peut aller très vite dans un sens comme dans l’autre… Donc, pour l’instant, je vais me concentrer sur ce qui arrive plutôt que faire des plans sur la comète. Ce qui se passe aujourd’hui est, pour moi, peu révélateur de ce qui peut se passer dans plusieurs mois.
Trouvez-vous, après sa blessure, qu’Antoine Dupont soit différent ?
Je n’ai pas l’impression qu’il a trop changé, non. Il est toujours au top sur le terrain. Il est peut-être un peu plus assagi parce que, avec ses blessures, il a pris du recul sur plein de choses. C’est quelqu’un de plutôt réservé, qui garde pas mal ses émotions à l’intérieur. Mais, dès que le coup de sifflet arrive, on sait qu’il est possédé, qu’il a cette envie contagieuse, ce goût de l’effort. Ce qui marque, lors du dernier match contre l’Italie, c’est qu’il fait beaucoup d’efforts. C’est moins bling-bling comme action, mais il fait deux ou trois retours défensifs très importants pour l’équipe. Ce sont ces petits efforts en plus qui donnent beaucoup d’envie au reste de l’équipe.
Ce match contre l’Écosse est certainement le plus dur depuis le début du Tournoi.
En plus, on est l’équipe à abattre…. L’Écosse aime commencer les rencontres en imposant du rythme. Il va falloir être prêt et vigilant dès l’entame. Essayer de les contrer, mais aussi jouer sur nos atouts, parce qu’on a une très bonne défense depuis le début du Tournoi et on est très bon sur les turnovers. À nous de leur mettre de la pression défensive pour lancer des contre-attaques.
Matthieu (Jalibert) a un peu plus de cannes que Finn (Russell) maintenant. Mais oui, ils ont tous les deux ce côté un peu magicien... Passer la publicité
Que pensez-vous de la ligne de trois-quarts de l’Écosse, la seule qui semble en mesure de rivaliser avec celle du XV de France ?
C’est un peu réducteur de ne regarder que leurs trois-quarts. L’Écosse a un pack assez solide et qui se bouge beaucoup. Dans leur jeu de mouvement, leurs avants sont très importants : ce sont eux qui libèrent des espaces pour les trois-quarts. Après je connais très bien le numéro 9 (Ben White, qui évolue également à Toulon, NDLR). Avec lui, ça distribue beaucoup pour mettre Finn Russell dans des dispositions où il a le temps de faire jouer autour de lui, avec des mecs qui vont très vite. Avec une paire de centres capable de perforer avec son 12, de prendre de vitesse sur les extérieurs avec son 13. Et avec deux ailiers, et même trois avec celui qui sera le banc, qui sont de redoutables finisseurs. C’est une équipe très complète. Mais j’espère qu’on fera le ‘taf’ pour les dominer et mettre en place ce dont on a envie.
Parlez-nous un peu plus de votre coéquipier en club, Ben White.
Le jeu se fait beaucoup après Finn Russell dans cette équipe écossaise. C’est lui qui contrôle le tempo du match et leur structure. Ben a donc un rôle d’éjecteur beaucoup plus qu’à Toulon. Mais c’est un joueur redoutable qui peut voir les coups au bord des rucks. Bon un peu moins que ‘’Toto’’ (Dupont) quand même (sourire). Il faudra faire attention parce qu’il a tendance à t’endormir un peu, à passer, passer, passer le ballon, et puis, sur un coup, il peut se faire la malle sur le bord d’un ruck.
Vous vous envoyez des messages cette semaine ?
(Il rit). Depuis un moment déjà. Mais bon, on verra après le match. J’espère que c’est moi qui enverrais le premier…
Ce sera également un duel d’ouvreurs. Est-ce qu’on peut dire que Finn Russell et Matthieu Jalibert se ressemblent ?
Je pense que Matthieu a un peu plus de cannes que Finn maintenant (rires). Mais oui, ils ont tous les deux ce côté un peu magicien. Ce sont des 10 qui sont capables de mettre des mecs dans les espaces, mais aussi de se créer l’espace par leurs qualités sur les duels. Ils sont capables de coups d’éclat. Ils ont tous les deux un jeu au pied ultra-précis. Et ils aiment être à la baguette. Oui, on peut dire qu’ils se ressemblent…
Propos recueillis en conférence de presse

il y a 2 hour
1


