«Cette impuissance fait le jeu des extrêmes» : Bruno Le Maire déplore que «les politiques ne décident plus de rien»

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«Quand il a fallu revenir à l’équilibre des comptes, il n’y avait plus personne. Je ne me suis pas senti très entouré, notamment par les oppositions», a lancé Bruno Le Maire.

«Quand il a fallu revenir à l’équilibre des comptes, il n’y avait plus personne. Je ne me suis pas senti très entouré, notamment par les oppositions», a lancé Bruno Le Maire. François Bouchon / Le Figaro

À l’occasion de la sortie de son nouveau livre, l’ancien ministre de l’Économie a assuré qu’il prenait «toute sa part de responsabilité» dans la situation financière désastreuse du pays.

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Décoller son étiquette de «Monsieur 1000 milliards de dette»  ou «témoigner d’une expérience de plus de 25 ans de vie politique» ? Bruno Le Maire assure avoir écrit son nouvel ouvrage pour la seconde raison. Interrogé ce mercredi matin au micro de France Inter à l’occasion de la parution de son dernier livre, Le temps d’une décision (Gallimard), l’ancien ministre de l’Économie a affirmé qu’il prenait, «évidemment, toute sa part de responsabilité» dans la situation financière désastreuse du pays.

Toutefois, pas question de jouer les boucs émissaires pour celui qui a occupé Bercy de 2017 à 2024, qui pointe du doigt les oppositions. «Quand il a fallu revenir à l’équilibre des comptes, il n’y avait plus personne. Je ne me suis pas senti très entouré, notamment par les oppositions», a lancé Bruno Le Maire, qui a ajouté : «Les mêmes qui me demandaient de dépenser toujours plus pendant la crise m’ont reproché ensuite d’avoir dépensé trop lorsque la dette est apparue.» Le très éphémère ministre des Armées du gouvernement Lecornu I n’épargne pas non plus l’exécutif actuel : «Le sujet, ce n’est pas ma personne (...) Depuis que je suis parti, la dette a augmenté de 250 milliards d’euros.»

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«Plus personne ne décide de rien»

«Aujourd’hui, les politiques ne décident plus. Cette impuissance politique fait malheureusement le jeu des extrêmes», a également déploré Bruno Le Maire, qui constate avec inquiétude l’impuissance des démocraties et de l’Union européenne face à la vélocité de la prise de décision dans les régimes autoritaires. «Le constat que je fais dans ce livre, c’est qu’à force de ne pas définir les responsabilités, de ne pas savoir qui décide de quoi, plus personne ne décide de rien», a-t-il fustigé. En matière d’économie, l’ancien locataire de Bercy avance une idée : celle de donner un «droit de veto» au ministre des Finances sur les dépenses publiques, pour mieux maîtriser les comptes.

Celui qui est resté sept ans au poste de ministre de l’Économie et des Finances, et dont la parole se fait rare depuis son départ du gouvernement, a égrené ses propositions, alors que le Vieux continent est «au pied du mur» : endettement commun pour l’innovation, gouvernement à dix ministres, Europe à six plutôt qu’à 27, droits de douane sur les véhicules et produits chimiques chinois... De quoi préparer une candidature à l’élection présidentielle de 2027, alors que la saison des livres politiques bat son plein ? Son nouvel ouvrage est «d’abord un travail littéraire», a rétorqué Bruno Le Maire, qui a estimé que «chacun particip[ait], à sa place (...) au débat public».

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