Tech. Le tournant de l’IA vers les agents automatisés fait naître de nouvelles tensions économiques chez les fournisseurs. Qui rejailliront, à terme, sur le commun des mortels.
Publié le 18/04/2026 à 16:00

Le logiciel open source OpenClaw a démocratisé l'usage des agents IA. Cela aura un coût.
L'Express
Il le confiait sans fard, il y a quelques semaines. "Je dépense environ 600 euros par mois pour faire tourner des dizaines d'agents et sous-agents qui débattent entre eux." Les programmes d’Aymeric Roucher tournent jour et nuit, enchaînent les tâches. Lui, le codeur passé chez Hugging Face, ne pianote plus frénétiquement : il supervise des machines. En dépit du tarif, il ne se voit plus travailler ni vivre sans. Des témoignages similaires se multiplient dans le monde. Max Linder, un ingénieur logiciel basé à Stockholm, a récemment assuré au New York Times : "Je débourse probablement plus que mon salaire pour Claude [le service d’IA d'Anthropic : NDLR]." Son employeur paie l’addition. Certains, comme Meta, encouragent même leurs équipes à brûler le plus de "tokens" possibles, ces petites unités de texte utilisées comme méthode de calcul de la consommation de l’IA. Une tendance baptisée "Tokenmaxxing".
Cette nouvelle phase de l’IA dite agentique a explosé ces derniers mois. Notamment grâce à Clawdbot, plus connu désormais sous le nom d’OpenClaw. Ce logiciel créé fin 2025 par un développeur autrichien a cartonné sur GitHub, le QG des développeurs du monde entier comme Aymeric Roucher ou Max Linder. OpenClaw n’est pas un LLM comme GPT, qui sous-tend l’agent conversationnel ChatGPT, mais une sorte de chef d’orchestre. Connecté aux différents LLM, il permet de lire des fichiers, envoyer des emails, naviguer sur le web, exécuter du code, en autonomie. Comme un véritable assistant. Sa facilité d’installation et sa gratuité ont fait des ravages. Sa popularité dépasse déjà le seul cercle des codeurs et ingénieurs spécialistes de l’IA. En Chine, le petit homard qui sert de logo à OpenClaw est devenu un phénomène de société en se greffant à la super-app WeChat, dominante sur place.

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