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RÉCIT - Un volume réunit les œuvres de ce romancier non-conformiste qui, depuis son célèbre essai, Technique du coup d’État (1931), et son roman, Kaputt (1944), est une des voix majeures et dérangeantes de la littérature italienne.
Passer la publicité« Napoléon s’appelait Bonaparte, et il a mal fini ; je m’appelle Malaparte et je finirai bien. » Cette phrase, que l’écrivain italien Curzio Malaparte (1898-1957) aurait lancée comme une bravade, trahit une facette de son personnage extravagant. Ce Toscan d’origine allemande, né Kurt Erich Suckert (il a changé de nom en 1925), passe pour un « arriviste effréné », comme disait de lui Gramsci. Les apparences ne jouent pas en sa faveur. Il concentre le narcissisme, la provocation et la mise en scène de soi du grand journaliste écrivain qui est passé tour à tour du républicanisme au fascisme puis à l’antifascisme, au communisme, tout en se convertissant au catholicisme pour finir en adhérant au maoïsme. Il a légué (en vain) sa magnifique villa de Capri, où a été tourné Le Mépris de Godard, au gouvernement chinois.
Mais ses nombreuses volte-face répondent au fond à la ductilité de ces Italiens qui n’accordent qu’un prix très relatif aux idées. « Dieu rit quand il me voit penser »…

il y a 3 day
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