Un an après son retour en cyclisme sur route, elle fait déjà office d’épouvantail dans le peloton. À 34 ans, Pauline Ferrand-Prévot reprend la compétition ce samedi sur les routes blanches de Toscane. Une rentrée plus tardive que la plupart de ses concurrentes pour se préserver en prévision de ses prochains objectifs cette saison.
Que vous inspirent les Strade Bianche, première course que vous allez disputer cette saison ?
PAULINE FERRAND-PRÉVOT. C’est une superbe course, un monument pour moi ! Peut-être pas au niveau du Tour des Flandres, mais ça reste une étape importante de la saison. J’ai réussi à faire un podium la saison dernière, mais je pense pouvoir jouer la victoire samedi, l’équipe (Visma-Lease a Bike) est préparée pour cet objectif. Ce serait un départ idéal pour la saison !
Qu’avez-vous appris de l’édition 2025 ?
J’ai revu la course, et j’ai dépensé beaucoup d’énergie trop tôt en prenant une échappée. Il ne faut pas arriver fatigué alors qu’il te reste encore 40 km à parcourir. Mais j’ai beaucoup appris de cette course, et je suis très motivée pour samedi ! L’année dernière j’arrivais sur les Strade comme une coureuse de VTT, cette fois comme une cycliste sur route. Donc j’ai plus confiance en mes capacités.
« Je me sens déjà mieux qu’en début de saison dernière »
Votre préparation cet hiver s’est-elle bien passée ?
Je me sens très bien, je reviens d’un stage de trois semaines avec le groupe. Je sens que l’équipe a vraiment progressé cette année, certaines filles sont prêtes à être bien plus que des équipières. L’entraînement reste très différent des courses, et je ne connais pas le niveau des concurrentes, mais je me sens déjà mieux qu’en début de saison dernière.
Comment remplir vos différents objectifs qui sont espacés ?
L’année dernière, j’ai eu un pic de forme au Tour de France, c’était le gros objectif de ma saison. Mais je n’ai pas eu ce niveau sur les autres courses du calendrier. Cette année, l’objectif est d’être plus régulière. J’arrive sur mon premier pic de forme, et je planifie d’en avoir deux autres sur la suite de la saison, pour les classiques ardennaises et le Tour de France. Avec l’âge, on apprend à se connaître et à savoir ce qui marche ou pas pour son corps. J’ai également trouvé un meilleur équilibre dans ma vie.
Comment allez-vous gérer votre nouveau statut dans le peloton ?
Mon statut a changé avec la victoire sur le Tour de France. Sur les Championnats du monde, tout le monde attendait de savoir ce que j’allais faire, et je n’étais pas préparée à ça. Je n’ai pas rendu la course assez difficile. Mais j’ai eu l’hiver pour travailler sur ça, c’est surtout un travail psychologique.
Est-ce que Demi Vollering sera votre plus grande rivale samedi ?
Je ne la vois pas plus grande que les autres. Elle est très forte, mais dans mon esprit, Kasia Niewiadoma ou Elisa Longo Borghini sont aussi dangereuses. Il faut surveiller tout le monde !
« Je préfère ne pas passer trop de temps sur mon téléphone »
Vous n’avez pas couru en compétition depuis six mois. Est-ce que cela vous a manqué ?
Bien sûr ! C’est drôle parce que je viens d’en parler avec Tadej (Pogačar), qui m’a dit que la préparation avait été très longue pour lui aussi. Nous n’avons pas couru depuis les Championnats du monde, et nous avons tous les deux très hâte de retrouver la compétition ! Même si j’aime l’entraînement, ce ne sont pas les mêmes sensations. J’ai l’impression d’être à la rentrée des classes !
Pourquoi n’êtes-vous plus active sur les réseaux sociaux ?
Je n’en ressens pas la nécessité. On aperçoit tellement de choses différentes, dont certaines qu’on aimerait ne pas voir. Je préfère ne pas passer trop de temps sur mon téléphone. Je me sens plus libre mentalement depuis que j’ai quitté les réseaux sociaux cet hiver.




