La jeune actrice belge nous quittait il y a presque un an, le 16 mars 2025. Ses parents, avec pudeur, ont enfin la force d’évoquer son courage face à un cancer rare qui l’a emportée à 43 ans.
Passer la publicité Passer la publicitéCela fait presque déjà un an. Le 16 mars 2025, l’actrice belge Émilie Dequenne, l’héroïne de Rosetta, Palme d’or 1999, s’éteignait à seulement 43 ans, emportée par un cancer rare. Jeudi 26 février, un hommage lui a été rendu à l’Olympia lors de la 51e cérémonie des César.
À quelques jours de ce triste premier anniversaire, pour honorer sa mémoire, une exposition a été organisée à Chièvres, la ville de son enfance en Belgique. Et ses parents, Brigitte et Daniel, ont choisi de se confier pour la première fois dans Paris Match Belgique.
Pour Brigitte, sa mère, la douleur est toujours vive: « Pour l’instant, nous n’y pensons pas trop. Je crois que notre cerveau essaie de l’éviter. Les expositions que nous avons réussi à mettre en œuvre aident peut-être à passer le temps. Je ne pourrai dire comment je le vivrai réellement qu’après la date anniversaire ».
Très vite, en mélangeant le présent et l’imparfait, comme si sa fille était toujours près d’eux, elle revient sur sa passion du cinéma: « Émilie est incomparable. Son talent et sa personnalité la rendent unique. Elle s’entendait avec tout le monde, de Marion Cotillard à Catherine Deneuve, qui lui avait un jour laissé un message de félicitations pour son jeu incroyable dans Pas son genre, mais ce n’était jamais ce qui comptait le plus pour elle. Sa priorité restait son travail et la sincérité de ses rôles. »
« Elle était en larmes. On a tout fait pour lui remonter le moral... »
Brigitte et Daniel, les parents de Émilie DequenneLe courage de leur fille face à une maladie rare, qui touche une personne sur un million, bouleverse encore les deux parents, comme ils l’ont dit à nos confrères belges: « Au début, nous savions seulement qu’il y avait un problème, mais nous ignorions si c’était grave ou bénin. L’attente des résultats a été longue et éprouvante. Émilie a compris tout de suite... et a immédiatement saisi la gravité de la situation».
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Pendant sa maladie les parents d’Émilie ont tout le temps été auprès d’elle pour la soutenir malgré un diagnostic peu rassurant. Ils s’en souviennent aujourd’hui: «Elle était en larmes. On a tout fait pour lui remonter le moral...» Les parents de la comédienne belge ont eu du mal à se résigner à l’inéluctable: « On était tellement convaincus que la mort ne nous séparerait pas que la question ne se posait même pas. Elle avait une force incroyable. On voudrait tellement être encore avec celui ou celle qu’on a perdu. On ne met pas des enfants au monde pour les voir partir».
Émilie Dequenne était une saltimbanque surdouée. Prix d’interprétation à Cannes 1999 à seulement 17 ans dans Rosetta des frères Dardenne, un premier Swann d’or en 2009 à Cabourg dans La Fille du RER de Téchiné, un deuxième en 2014 pour Pas son genre de Lucas Belvaux, puis un troisième en 2021 pour Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait d’Emmanuel Mouret. Ce dernier film lui apportera la plus prestigieuse des consécrations: un César du second rôle. Le destin, cruel, n’aura pas voulu qu’elle reçoive le César de la meilleure actrice, qui lui tendait les bras.

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