La scène promet de faire parler. L’équipe féminine iranienne n’a pas chanté son hymne national ce lundi à l’occasion de l’entrée en lice des Lionnes en Coupe d’Asie. Opposées à la Corée du Sud, les joueuses de Marziyeh Jafari se sont lourdement inclinées (3-0). Mais l’essentiel était ailleurs.
Alors que leur pays, en plein séisme politique, a été la cible de l’opération israélo-américaine « Epic Fury » le samedi 28 février, coûtant la vie au Guide suprême Ali Khamenei, les Iraniennes sont restées silencieuses lorsque les premières notes de « Mehr-e Khavaran » ont retenti au Gold Coast Stadium de Carrara (Australie).
VidéoIran : Israël annonce avoir frappé la présidence iranienne
Stoïques, le regard droit devant elles, les joueuses n’ont rien laissé transparaître, au contraire de leur sélectionneuse, filmée sourire aux lèvres durant ce moment solennel. Les remplaçantes, elles non plus, n’ont pas chanté.
Interprété par certains suiveurs comme une action de défiance vis-à-vis du régime des mollahs, menacé de disparition après la mort d’Ali Khamenei, le silence de l’équipe iranienne n’a pas été justifié par les joueuses après le match.
Un précédent avec l’équipe masculine au Mondial 2022
Dimanche, lors de la conférence de presse de veille de match, Marziyeh Jafari n’avait pas souhaité s’épancher sur le sujet de la guerre en Iran. « Nous ne devrions pas du tout parler de ces questions maintenant », avait-elle répondu à un journaliste. « En ce moment, l’équipe participe à une compétition très importante qui confère de grands droits aux femmes », avait épilogué la technicienne de 43 ans avant que le responsable des médias n’interdise les questions en lien avec l’actualité politique iranienne.
La journaliste australienne Tracey Holmes, qui exerce sur la radio ABC News, a également fait état de la présence d’un « groupe de supporters iraniens brandissant le drapeau pré-révolutionnaire islamique orné du lion et du soleil dorés » dans les gradins, via un post publié sur X lundi.
La prochaine rencontre de l’Iran est prévue ce jeudi 5 mars, face au pays organisateur, l’Australie. La réaction des joueuses pendant l’hymne national sera forcément scrutée de près, rappelant la polémique ayant entouré l’équipe masculine lors de la Coupe du monde 2022.
En marge de leur premier match du tournoi contre l’Angleterre, Mehdi Taremi et ses partenaires s’étaient abstenus au moment des hymnes en soutien aux mouvements sociaux alors engagés en Iran contre le régime. En revanche, ils avaient chanté durant leurs deux autres rencontres du Mondial.




