Guerre en Iran : ces questions autour du déploiement du Charles de Gaulle en Méditerranée

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Il aurait dû continuer ses exercices avec l'Otan en Atlantique Nord, où il participait à la mission "Lafayette 26". Il se dirige finalement vers le sud, en Méditerranée. Dans son allocution mardi soir à la télévision, Emmanuel Macron a annoncé le départ du porte-avions français Charles de Gaulle vers la Méditerranée. "Nous avons des accords de défense qui nous lient au Qatar, au Koweït et aux Émirats arabes unis, a annoncé le président dans son discours. Ces derniers sont particulièrement ciblés, et nous leur devons de la solidarité". Le bâtiment français va participer à la construction d'une coalition pour sécuriser notamment le transport maritime, alors que le détroit d'Ormuz est fermé par l'Iran.

Parti dès mardi soir, le bâtiment de 261 mètres devrait arriver dans la zone dans une dizaine de jours selon le ministère de la Défense. Fort d'un équipage de près de 1 900 marins, il tient sa force dans son groupe aérien embarqué qu'il transporte, qui peut être composé de 40 aéronefs : des avions de combat Rafale Marine, des Grumman E-2 Hawkeye, des avions américains de commandement équipés de radars, ou encore des hélicoptères Caïman Marine. Au total, 600 marins sont chargés du groupe aérien embarqué. Mis en service en 2001, en remplacement du porte-avions Foch, il transporte également plusieurs armes de combat comme des canons, des mitrailleuses et des systèmes anti-missiles, précise le ministère de la Défense.

"Légitime défense"

Mais le Charles de Gaulle ne se déplace pas seul en Méditerranée. Le groupe aéronaval français, articulé autour de son porte-avions, est aussi composé de plusieurs frégates de défense, d'un pétrolier ravitailleur ou encore d'un sous-marin nucléaire d'attaque. En Méditerranée, il rejoint le plus grand porte-avions, le bâtiment américain USS Gerald R. Ford, arrivé mercredi dans la zone.

Interrogée mardi soir par BFMTV sur la mission du porte-avions français, Alice Rufo, la ministre déléguée auprès de la ministre des Armées, a tenté de rassurer sur l'utilisation de ces armes, niant l'entrée de la France dans la guerre. "On est sur une logique défensive, de défense de nos intérêts", a-t-elle affirmé, qualifiant la présence française en mer Méditerranée de "légitime défense"." Selon elle, l'arrivée du Charles de Gaulle permet d'apporter "des moyens aériens supplémentaires". "C'est une capacité d'agir de manière plus active, plus efficace, plus rapide", a-t-elle ajouté.

Dissuasion nucléaire

Mais le déploiement en Méditerranée du Charles de Gaulle a aussi une dimension symbolique, une "démonstration de puissance" pour Alice Rufo. "C'est un signalement stratégique, a-t-elle reconnu sur BFMTV. Ça veut dire que nous défendons nos intérêts, que nous sommes là". Seul porte-avions à propulsion nucléaire à ne pas être américain, seul porte-avions de l'Union européenne, le Charles de Gaulle permet à la France d'affirmer sa puissance.

Un signe fort, qui résonne avec le discours sur la dissuasion nucléaire, prononcé par Emmanuel Macron le lundi 2 mars. "Notre dissuasion est robuste et efficace. Tous ceux qui auraient l'audace de s'en prendre à la France savent le prix insoutenable qu'il y aurait à payer", a notamment lancé le chef de l'État, depuis la base militaire de l'Île Longue dans le Finistère, devant le sous-marin nucléaire Le Téméraire.

Au-delà du déploiement du Charles de Gaulle, la France a également envoyé la frégate "Languedoc" aux abords de Chypre, membre de l'Union européenne. Arrivée mardi soir, elle devra œuvrer à la sécurisation de l'île, où la base britannique Akrotiri a été touchée par des drones ces derniers jours. Polyvalente dans son utilisation, la frégate peut autant servir d'escorte que pour la lutte anti-sous-marine et antiaérienne. Deux frégates grecques sont aussi sur place.

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