« Je n’imagine pas à quel point je suis tombé bas » : Matthieu Delormeau se livre sur ses excès avec la drogue

il y a 2 hour 1

« Ne touchez pas à ça. » Deux jours avant la sortie de son livre « Addictions : Il a suffi d’une fois » aux éditions Leduc, Matthieu Delormeau est revenu ce mardi sur ses deux années de toxicomanie.

« Dans ce bouquin, je donne beaucoup de conseils aux gens », déclare-t-il au micro de France Inter, se définissant comme « quelqu’un qui est tombé dans tous les pièges ».

« C’est l’histoire d’un connard qui avait besoin d’une bonne leçon pour devenir quelqu’un de mieux, mais la leçon a coûté très cher », ajoute-t-il, avant de s’adresser à ses lecteurs : « Quand vous prenez de la drogue, ça paraît bon pour le moment, mais rappelez-vous toujours le prix à payer derrière… C’est trop lourd. »

Jusqu’à 4 g de cocaïne par jour

Et l’animateur - qui pour la première fois de sa vie dit se sentir « utile » avec son témoignage -, sait de quoi il parle. Pendant deux années, il a notamment consommé de la cocaïne et du GHB en grande quantité.

« Je suis monté jusqu’à 4 g. À la fin, c’était la nuit aussi. C’était 4 g et 15 ml de GHB par jour, c’est gigantesque », admet-il. « Je n’imagine pas à quel point je suis tombé bas et la chance que j’ai eue de ne pas faire d’arrêt cardiaque », poursuit-il.

Le chroniqueur et producteur dit ne pas avoir eu d’envie suicidaire, mais reconnaît qu’il n’aimait « pas assez la vie pour avoir peur de la mort ». « Je me couchais la nuit et je me disais : si je ne me réveille pas demain, ce n’est pas très grave », avoue-t-il.

Pendant deux années, Matthieu Delormeau révèle avoir fait « exactement ce que faisait Michael Jackson, mais en un peu moins puissant ». Il explique que le chanteur prenait tous les soirs du Propofol, ce qui équivaut, selon lui, à une anesthésie générale réalisée dans les hôpitaux. « Son cœur a fini par lâcher. Moi, je prenais quasiment autant en anxiolytique et en médicaments, je me couchais et il fallait que dans la 1,30 min maximum je m’endorme, sinon je commençais à réfléchir, à bader, je me relevais et je reconsommais », décrit-il.

1,38 euro sur son compte

Sa consommation a notamment eu des conséquences sur sa vie sociale. Le quinquagénaire affirme avoir vécu deux ans, seul, dans son appartement et dit être sorti cinq fois pendant cette période.

« Je ne sortais pas de chez moi, je ne m’aimais pas, j’étais parano et j’avais peur des gens », relate-t-il, précisant que lorsqu’il avait besoin d’une boîte de Doliprane, il appelait un taxi moto qui lui facturait « 182 euros » le trajet et les médicaments qui lui faisaient « à peu près une journée ».

Confiant avoir eu « des nuits » qu’il ne souhaite à personne, le chroniqueur et producteur a aussi perdu beaucoup d’argent pendant ces deux années. « J’ai été le bon con, je payais l’Uber, la drogue, etc., aux gens qui venaient chez moi », se souvient-il, donnant aussi un exemple où son banquier l’appelle pour lui signaler qu’il ne lui reste qu’1,38 euro sur son compte.

Des séquelles physiques

Maintenant qu’il s’en est sorti, l’animateur - qui a perdu sa mère à l’âge de 9 ans d’un cancer - tente de dissuader les consommateurs de drogues. « Si vous avez une quelconque fragilité mentale, que vous êtes anxieux, fragile, ne touchez pas à ça : vous allez voir des solutions qui sont miraculeuses (…) malheureusement quand il y a une solution facile, vous la payez un jour », met-il en garde.

Matthieu Delormeau est aussi transparent sur son parcours médical actuel. Lundi, « j’étais chez le médecin, j’ai fait une échographie du foie, un IRM du cerveau, un IRM de l’hypophyse (…) il faut que j’aille voir un ORL parce que j’ai fragilisé mon nez et ma gorge. Vous n’imaginez pas toutes les conséquences derrière ». Il devra aussi attendre près de deux ans pour avoir une libido qui fonctionne sans chemsex. « J’en serai à un an cet été », souffle-t-il.

Malgré cette période compliquée de sa vie, il reconnaît avoir reçu « les meilleurs conseils de gens qui faisaient de la télévision » et notamment de Marc-Olivier Fogiel qui lui avait recommandé de régler ses problèmes avant de faire de la télévision. « Sinon, la caméra, c’est très simple, elle repère la tumeur (de santé mentale) et la fait grossir, mais à 30-35 ans, je n’écoutais personne. C’était une erreur. »

Lire l’article en entier