JO Alpes 2030 : crise à Nice, gouvernance... Les organisateurs sous haute pression

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Entre incertitude et retards, les tensions ne cessent d’augmenter autour de l’organisation des Jeux olympiques d’hiver 2030 en France.

Incertitude autour des épreuves à Nice, gouvernance scrutée, retards : les organisateurs des Jeux olympiques d'hiver 2030, qui se réunissent lundi, sont dos au mur à deux mois de la date prévue pour valider définitivement la carte des sites olympiques et paralympiques.

La tension est montée d'un cran vendredi avec la «situation de blocage» actée par la région Provence-Alpes-Côte d'Azur dans ses négociations avec le nouveau maire UDR-RN de Nice. Élu en mars, Éric Ciotti s'oppose à l'installation des épreuves de hockey sur glace dans le stade de football de l'Allianz Arena, prévue par le projet Alpes 2030, et en a fait «une ligne rouge absolue».

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Tandis que l'édile UDR-RN déplore «l'improvisation, l'amateurisme et la politisation» de la situation, Renaud Muselier, président de la région, dénonce une position qui «pourrait conduire à la remise en cause» du pôle niçois, appelant à la prise d'une «décision politique» lundi lors d'une réunion des parties prenantes des JO 2030 prévue de longue date. La Baie des Anges doit théoriquement accueillir le très rémunérateur pôle de glace (hockey, patinage artistique, curling, short-track) et engranger environ 60% des recettes de billetterie des Jeux, cérémonie de clôture incluse.

Lyon pour récupérer les sports de glace ?

L'option d'un repli des compétitions sur Lyon, au moins partiel, pourrait revenir sur le tapis, le maire écologiste de la ville Grégory Doucet s'étant déjà engouffré dans la brèche début avril en proposant d'accueillir des sports de glace - les épreuves de neige devant pour leur part se tenir en Savoie, Haute-Savoie et dans le Briançonnais.

Le bras de fer niçois vient grossir la pile de dossiers encore en suspens pour les parties prenantes, déjà confrontées à une grave crise de gouvernance au sein du Comité d'organisation (Cojop) présidé par l'ex-champion de bosses Edgar Grospiron.

Lundi, les représentants du gouvernement, des comités olympique et paralympique ainsi que des régions hôtes Paca et Aura prendront connaissance des conclusions d'une mission menée par l'Inspection générale sur la gestion et le fonctionnement du Cojop, suite à des départs en cascade, dont celui fin février du directeur général Cyril Linette.

La réunion permettra «d'objectiver un certain nombre de fragilités, notamment en matière de structuration organisationnelle, de gouvernance et de gestion des ressources humaines, qui sont intrinsèquement liées à une phase de montée en puissance encore récente», a indiqué la ministre des Sports Marina Ferrari dans une déclaration transmise à l'AFP.

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«Changer de phase»

Le nom du nouveau numéro deux du Cojop ne devrait en revanche pas être dévoilé lundi, même si le profil de Jean-François Vilotte, directeur général de la Fédération française de football (FFF), circule. Mais celui qui avait refusé au printemps 2025 la proposition d'Edgar Grospiron d'être son bras droit répète «n'être inscrit dans aucune procédure de candidature».

«Tout le monde a compris que M. Vilotte ferait un très bon directeur général. Son nom a été cité, ce n'est pas pour rien, c'est parce que c'est quelqu'un d'expérience», résume un acteur des Alpes 2030. En attendant la désignation du nouveau numéro deux, un intérim a été confié à Michel Cadot, ancien délégué interministériel aux JO-2024 de Paris.

«On doit maintenant changer de phase. On a passé la phase de naissance et de petite enfance, il faut qu'on passe dans la mentalité d'organisateurs à la hauteur de Paris-2024. Il n'y a plus de place pour les doutes, les égos», a déclaré cette semaine à quelques journalistes Arnaud Murgia, maire de Briançon, qui doit accueillir un des villages olympiques en 2030.

La carte définitive des sites validée en juin prochain

Car le temps presse : le Comité international olympique (CIO) doit valider lors de sa session des 22 et 23 juin la carte définitive des sites pour les épreuves de 2030, qui comporte à ce jour plusieurs inconnues: choix des sports additionnels, répartition des épreuves de ski alpin entre Courchevel et Val d'Isère, ou encore localisation en Italie ou aux Pays-Bas de l'anneau de glace pour le patinage de vitesse sur longue piste, la France ne disposant pas d'un tel équipement.

Avant même l'écueil niçois, Edgar Grospiron reconnaissait déjà devant le Sénat «quatre mois de retard sur la finalisation de la carte des sites». Sans oublier une autre échéance en juin, la validation par le comité international paralympique (IPC) du ou des site(s) de compétition pour les épreuves paralympiques, une question sur laquelle le Cojop a peu communiqué.

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