Créée dans le sillage du mouvement Femme, Vie, Liberté, l’association exhorte dans le même temps à épargner les « civils innocents ».
Passer la publicité Passer la publicitéDepuis sa fondation en 2022, dans le sillage du mouvement Femme, Vie, Liberté, cette structure dénonce les crimes de la République islamique. Dans un communiqué relayé le 1er mars sur ses réseaux sociaux, l’Association des cinéastes indépendants iraniens (IIFMA), qui revendique plusieurs centaines de membres, exhorte la « communauté internationale » à accompagner le « soulèvement national » iranien et à « protéger » sa population.
L’IIFMA préconise « des actions ciblées contre les responsables gouvernementaux et les agents de l’oppression, tout en veillant à ne pas nuire aux civils innocents. Il est essentiel de mettre fin à ce cycle archaïque de violence patriarcale. »
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Les « attaques lâches » de l’Iran
L’association, qui promeut des œuvres dissidentes dans les festivals internationaux et apporte son soutien à des professionnels emprisonnés en Iran, dénonce les vicissitudes des mollahs. Un régime qui « dilapide les richesses nationales dans des infrastructures nucléaires et militaires, tout en imposant de lourdes sanctions ravageant la population. »
« Ses récentes attaques lâches contre des pays voisins témoignent de son pouvoir de plus en plus faible », estime encore l’IIFMA, dont une partie des membres est inscrite de manière anonyme. Le communiqué évoque les attaques iraniennes visant les États du Golfe abritant des bases ou des intérêts américains. Cette riposte fait suite à l’opération militaire conjointe menée par les États-Unis et Israël depuis le 28 février, qui a entraîné la mort du Guide suprême Ali Khamenei.
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Positions radicales
Appelant de ses vœux une « résistance unie contre la théocratie », l’IIFMA se dit « préoccupée par le sort de tous les prisonniers » et « alarmée par les manœuvres trompeuses du régime, qui risquent de conduire à une répétition de la tragédie du Cinema Rex, où la responsabilité des morts civiles est imputée à des acteurs étrangers. » Ce dramatique incendie, qui a eu lieu en 1978 dans la ville d’Abadan, a fait plusieurs centaines de victimes. L’événement, entouré de zones d’ombre, a participé à déclencher la révolution islamiste.
En mai dernier, signe de sa radicalité, l’IIFMA avait reproché au réalisateur Saeed Roustaee, peintre de la condition des femmes iraniennes, d’avoir obtenu un permis de tournage officiel. En acceptant de ne montrer que des femmes voilées dans les scènes d’intérieur, le réalisateur a été accusé de se faire le relais de la propagande du régime. S’il n’a pas l’activisme d’un Jafar Panahi ou d’un Mohammad Rasoulof, son cinéma n’en est pas moins politique et peu complaisant avec les mollahs.

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