Les mânes de Marcel Pagnol et de Fernandel invoqués dans un spectacle en tournée dans les églises

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En soutane, Vincent Fernandel, petit-fils de l’acteur de Don Camillo, interprète une sélection de textes de l’auteur provençal bouffeur de curés.

Dans ses films comme dans ses pièces Marcel Pagnol, résolument anticlérical, a néanmoins régulièrement fait parler des curés à travers des sermons imaginaires. En 1966, il avait réuni la plupart d’entre eux dans un recueil quasi confidentiel, préfacé par son ami l’abbé Norbert Calmels, alors à la tête de l’Ordre des chanoines de Prémontré. C’est dans les archives de son grand-père que Nicolas Pagnol en a retrouvé un exemplaire qu’il a fait éditer (chez Fayard).

Il a ensuite évoqué le sujet avec Vincent Fernandel, le petit-fils de l’acteur. Plaisantant, il a lancé une idée lui semblant, au départ, totalement farfelue : faire jouer sur scène ces Sermons par le descendant de l’interprète de Don Camillo. Son interlocuteur l’ayant pris au mot, Nicolas Pagnol a adapté l’ensemble en découpant des textes afin de les adapter au rythme du monde d’aujourd’hui. Il a complété l’ensemble avec des extraits du Curé de Cucugnan et Manon des Sources, avant de s’atteler à la mise en scène.

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« Dans chaque sermon, il y a une parcelle d’éternité, dit-il, en citant Marcel Pagnol, si petite que soit une chapelle, le bon Dieu y est toujours aussi grand ». Un premier test discret a été réalisé voici quelques semaines dans l’église du village de Normandie où Marcel Pagnol possédait une maison, « Le Moulin », et où il passait ses week-ends. Le curé ayant donné son feu vert, Vincent Fernandel, vêtu de la tenue de circonstance, a fait une lecture devant une salle pleine et enthousiaste. Une seconde séance parisienne, au cœur de la chapelle de Jésus-Enfant à la basilique Sainte-Clotilde, s’est conclue par les mêmes réactions.

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Une tournée dans les églises de France

C’est ainsi qu’est née l’idée d’une tournée dans les églises de France. Devant l’autel et en chaire, quand, techniquement ce sera possible, Vincent Fernandel interprétera ces textes avec l’accent provençal de circonstance. « Mon rêve, ajoute Nicolas Pagnol, ce serait de présenter ce spectacle un soir à Marseille, à Notre-Dame-de-La Garde. » À l’espoir que ce vœu devienne réalité, s’ajoute une découverte qui relève du miracle laïque. En fouillant dans une cinémathèque, un passionné de cinéma a retrouvé les copies de travail de huit bobines de La Prière aux étoiles.

Marcel Pagnol avait débuté en 1941 le tournage de ce qui devait être une trilogie. Il était prévu que le titre de chaque volet porte le nom de l’un des personnages de l’histoire : Florence, Dominique et Pierre. À la veille du début du montage, craignant que les images soient récupérées par l’occupant, l’auteur a décidé de détruire, devant un huissier, la totalité des 240 minutes destinées à sortir dans les salles de cinéma. Il a toutefois conservé quelques images, qu’il a ensuite enterrées dans un jardin. « Je ne sais plus exactement où », a-t-il déclaré au lendemain de la Libération, en précisant que ce projet faisait partie des « pertes et profits », et qu’il allait passer à autre chose.

Pierre Blanchar, Josette Day et Charpin sont les têtes d’affiche de ces 80 minutes qui vont sortir en DVD en même temps qu’une interview de six heures, en couleurs, où l’auteur des « Souvenirs d’enfance » se confie sur l’ensemble de son parcours. Ces documents figureront en bonne place dans le musée qui, en 2028, ouvrira ses portes à Allauch (Bouches-du-Rhône), dans une ancienne usine électrique. Les technologies d’aujourd’hui, à commencer par la réalité virtuelle seront présentes dans un parcours initiatique et pédagogique. Afin de démontrer que la gloire d’un père, voire d’un grand-père, peut se perpétuer au fil des générations.

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