L’actrice américaine prétend que sa carrière a basculé en 2023 après avoir plaidé pour un cessez-le-feu lors d’un rassemblement pro-palestinien à New York. Elle a depuis trouvé refuge en Italie, où elle tourne dans des « premiers films indépendants ».
Passer la publicité Passer la publicitéPolitique et cinéma font-ils bon ménage ? Le sujet a récemment secoué la Berlinale après que le président du jury, Wim Wenders, a déclaré qu’il ne fallait pas attendre des réalisateurs et des acteurs « qu’ils s’expriment sur chaque sujet politique qu’on leur soumet, à moins qu’ils en aient envie ». Aujourd’hui, dans des propos relayés par le Hollywood Reporter, la comédienne oscarisée Susan Sarandon prétend que ses prises de position sur le conflit israélo-palestinien en 2023 lui ont fermé de nombreuses portes au cinéma comme à la télévision. « À un moment, je ne pouvais plus tourner dans aucun film important ni faire quoi que ce soit en rapport avec Hollywood, explique-t-elle. Et pareil pour le petit écran. »
Il y a deux ans, Susan Sarandon a été licenciée par son agence United Talent Agency suite à des propos sur la guerre entre Israël et Gaza entendus lors d’un rassemblement pro-palestinien à New York qui se tenait un mois après le massacre du 7-Octobre. Elle avait notamment plaidé pour un cessez-le-feu. Mais très vite après cet engagement politique, elle exprimait de « profonds regrets » qui visiblement n’ont pas ému ses employeurs. La vedette de Thelma et Louise a dû plier bagage pour continuer à exercer son métier d’actrice : « Je suis finalement allé jusqu’en Angleterre et en Italie, et je travaille là-bas aujourd’hui. »
Fuir « la répression et la censure » américaine
Après des mois, voire des années d’inactivité, Susan Sarandon a enfin trouvé un réalisateur qui daigne lui faire confiance. « Je viens de tourner un film en Italie et j’ai joué dans une pièce au Old Vic de Londres pendant plusieurs mois », révèle l’actrice. Elle note toutefois que le cinéaste italien, un de ses amis, a subi une forte pression de la part de ses confrères. « On lui a dit de ne pas m’engager, il n’a pas écouté, mais ils ont eu cette conversation », dénonce la comédienne de 79 ans. Et aujourd’hui elle pense qu’elle sera désormais cantonnée à accepter des propositions de « premiers films indépendants ».
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Malgré cette traversée du désert, l’actrice se dit pas mécontente d’avoir quitté les États-Unis, où règnent « la répression et la censure ». En Europe, elle constate un climat politique plus apaisé. Susan Sarandon souligne notamment la liberté de ton des dirigeants espagnols et irlandais. « C’est tellement important pour moi de voir le président de l’Espagne soutenir Gaza et des acteurs comme Javier Bardem s’exprimer à ce sujet avec une voix si forte, se félicite celle qui a reçu le Goya international le 28 février à Barcelone. Lorsque vous allumez la télévision en Espagne, vous voyez à quel point ce pays est beaucoup plus fort et clair sur ces questions. Ça donne de l’espoir contrairement aux propos tenus aux États-Unis où on ne nous dit pas tout. »

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