Tribune. Pour cet expert de l'Institut Montaigne, octroyer une "ristourne à la pompe" revient à mobiliser de l'argent public pour subventionner notre dépendance aux hydrocarbures. Il propose plutôt de maintenir des prix élevés afin de financer l'électrification.
Publié le 21/04/2026 à 11:30

En matière énergétique, cela signifie que si une baisse des taxes à la pompe est politiquement compréhensible, elle est économiquement trompeuse. Elle consiste à éviter aux Français de voir la réalité du choc sans en traiter la cause, et à mobiliser de l’argent public pour subventionner une dépendance.
IMAGO/Maxppp
Après l’annonce d’un cessez-le-feu fragile entre Donald Trump et l’Iran, les prix du pétrole ont reculé, sans retrouver leur niveau d’avant crise. Une séquence révélatrice : sur les marchés énergétiques, les prix obéissent autant à la psychologie qu’aux fondamentaux. Faut-il pour autant croire que le consommateur français peut souffler et brûler un cierge sur l’autel de Saint Donald ? Rien n’est moins sûr. Car une réalité demeure, la géographie ne se négocie pas. En contrôlant le détroit d’Ormuz, point de passage d’une part décisive des hydrocarbures mondiaux, l’Iran conserve un levier structurel sur l’équilibre énergétique global.
La crise actuelle est donc là pour durer. Elle ne révèle pas seulement notre vulnérabilité ; elle met surtout en lumière notre aveuglement. Au moment même où les prix s’emballent et où nombre de Français réclament une "ristourne à la pompe" (autrement dit, que le contribuable paie), une évidence échappe encore au débat public : le véritable bouclier énergétique ne se trouve pas à la pompe, mais à la prise. C’est notre électricité. Le problème, c’est que ce bouclier reste invisible.

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