« Nous sommes tombés amoureux de Paris » : dans le 17e, la vie millimétrée de la famille T., à huit dans un trois-pièces

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Les parents T. et leurs six filles le 18 février. François Bouchon / Le Figaro

PARIS ET LES FAMILLES NOMBREUSES : UN AMOUR IMPOSSIBLE ? - Marie et Louis élèvent six filles dans un logement avec seulement deux chambres. Malgré le système D, le budget serré et l’organisation millimétrée, ils se sentent bien là où ils sont.

Depuis des années Paris se vide de ses familles. Le coût des logements les pousse à aller chercher plus loin une vie de meilleure qualité. Avec 1,25 enfant par femme, l’indice conjoncturel de fécondité de la capitale est le plus bas de France avec la Haute-Corse. Au milieu de ce territoire apparemment hostile aux poussettes et aux jeux de ballon, des familles nombreuses, trois enfants et plus, font de la résistance. Le Figaro est allé à leur rencontre. Pourquoi vivent-elles dans cette ville ? S’y sentent-elles bien ? Quels changements espèrent-elles ? 


Les filles déboulent dans le couloir en chaussettes, après avoir aligné leurs chaussures dans l’entrée. Huit paires, cela prend de la place. « Venez voir notre chambre ! » lance Margaux, l’aînée de neuf ans. La première porte s’ouvre sur une pièce chaleureuse et parfaitement ordonnée. Un lit superposé, un troisième couchage glissé dessous dans un tiroir. Deux bureaux serrés sous la lampe. Dans la seconde chambre, même organisation millimétrée : un autre lit superposé et, au centre, un lit de bébé pour la dernière de 19 mois.

Plus jeune, Marie s’était juré qu’elle élèverait ses enfants en province. Elle imaginait un jardin, de l’air, quelque chose qui ressemblerait aux Ardennes où elle a grandi. À 33 ans, elle vit pourtant toujours à Paris, dans le nord du 17e arrondissement, près de la porte de Champerret. Cent mètres carrés loués pour huit. Deux chambres pour les enfants. Elle et son mari Louis dorment dans le salon. À l’heure où beaucoup de familles quittent la capitale dès le deuxième enfant, les T. ont décidé de rester. Une décision qui découle de leur histoire singulière, bouleversée par la maladie.

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Le Figaro

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