D’abord, il y a le titre. Bancal. Il laisse imaginer une comédie. On va se marrer avec ce « Papa malgré lui », même si l’on se doute que la thématique n’a rien de très original. Bingo : Alex (interprété par un Arnaud Ducret en forme) n’a pas élevé, ni même revu depuis 15 ans, sa fille quand son ex, inquiète, lui demande de voler à son secours alors que le comportement de l’adolescente a brusquement changé. Re-bingo : en observant discrètement Manon (très juste Lara Tavella) à la sortie des cours, il ne faut pas cinq minutes au papa qui se découvre pour comprendre qu’elle est victime de harcèlement scolaire.
Ensuite, la machine s’enraye. En moins de deux, ce journaliste habitué à suivre les nuits parisiennes et gros fêtard décroche un poste improbable de professeur d’histoire dans le lycée de sa fille. Opération infiltration incognito pour le quadra qui entend la sauver des griffes de ses harceleurs.
Un mélange des genres douteux
Passons sur les clichés du pseudo-enseignant découvrant les us et coutumes de l’établissement (la salle des profs où on s’engueule…) tout autant que son ado et élève. Oublions aussi les gaffes et les dialogues pas toujours d’une grande subtilité (« Tu sais un monde qui s’écroule, c’est souvent pour laisser place à la naissance d’un nouveau monde »…).
Le harcèlement scolaire, c’est un sujet sérieux, l’issue est parfois dramatique, certaines victimes ayant mis fin à leurs jours. Pas vraiment de quoi rire. En optant pour un enrobage tout en légèreté, la fiction hybride joue sur plusieurs tableaux. Pour mieux prévenir et faire passer le message sur la mécanique de l’enfer où plongent les jeunes harcelés ? Si la relation père-fille touche, si l’émotion pointe et les comédiens font ce qu’ils peuvent, le curieux mélange des genres ne convaincra pas tout le monde.
Numéro national pour les jeunes victimes de harcèlement et de violences numériques : 3018 (Ouvert 7 jours sur 7, de 9 heures à 23 heures, appel gratuit et anonyme).
La note de la rédaction :
2.5/5
« Papa malgré lui », téléfilm français réalisé par Chris Briant (2026) avec Arnaud Ducret, Barbara Cabrita, Maud Baecker, Elodie Poux, Lara Tavella... 2 parties (2x45 minutes).




