«Plus acceptable» : les joueuses de football professionnel se mobilisent pour une convention collective en France

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Les capitaines des équipes du championnat de France dénoncent l’absence d’avancée dans les négociations sur une convention collective, attendue depuis plusieurs années.

Ce n'est «plus acceptable» : les capitaines des équipes du championnat de France féminin dénoncent l'absence d'avancée dans les négociations sur la convention collective des footballeuses professionnelles, espérée depuis déjà trois saisons.

Sur ce sujet, les différentes parties, soit le syndicat des joueuses, le syndicat UNFP (Union nationale des footballeurs professionnels) et Foot Unis, qui représente les clubs, se renvoient la responsabilité de cet échec, malgré la création de la Ligue féminine de football professionnel (LFFP) en juillet 2024. Depuis cette date, le statut de la joueuse professionnelle en France n'a pas avancé, alors même que les clubs avaient adopté une recommandation patronale octroyant une protection en matière de maternité pour les joueuses, faisant espérer une signature de la convention collective peu de temps après.

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«Des efforts ont été réalisés depuis la création de la LFFP, nous le reconnaissons. Mais il manque l'essentiel: une convention collective», ont dénoncé mardi les capitaines des première et deuxième divisions dans une tribune. «En 2026, les joueuses professionnelles n'en disposent toujours pas. Nous pratiquons le même sport. Nous nous entraînons avec la même exigence. Nous faisons face aux mêmes contraintes physiques et aux mêmes risques. Et pourtant, nous ne bénéficions pas des mêmes protections», ajoutent-elles, et «ce décalage interroge. Il n'est plus compréhensible. Il n'est plus acceptable».

«C'est handicapant»

Pour l'UNFP, cela fait «trois ans que les négociations pour une convention collective n'aboutissent pas. Ce n'est plus compréhensible» et «une convention collective doit être signée avant la prochaine saison».

Mais à cette date, tout laisse présager que la mise en place d'une telle mesure pour septembre prochain semble improbable. Le 9 avril, la capitaine de l'équipe de France Griedge Mbock avait regretté auprès de l'AFP cette situation sachant «que les autres championnats avancent et nous, cela bloque encore sur certains points: c'est handicapant pour le foot féminin français».

Concernant cette convention collective, plusieurs points de blocage existaient mais un seul persiste aujourd'hui: le droit à l'image, a indiqué à l'AFP Vincent Ponsot, président du collège du football féminin chez Foot Unis. Sur ce sujet du droit à l'image, l'UNFP souhaite pouvoir commercialiser l'image des joueuses en utilisant le logo des clubs, ce que refuse Foot Unis.

Pour le reste - c’est-à-dire le pécule de fin de carrière, la durée horaire minimum des contrats fédéraux à mi-temps, le maintien du salaire en cas de blessure ou encore la gestion des «lofts», pratique utilisée par les clubs pour se défaire des indésirables -, les discussions ont été fructueuses entre l'UNFP et les représentants des clubs, affirme Foot Unis.

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«Une situation inadmissible»

«Je ne suis pas surpris que les joueuses s'impatientent car cette situation est inadmissible pour le football féminin», affirme à l'AFP Vincent Ponsot, estimant que l'UNFP est «le principal responsable» du dernier point d'achoppement.

Selon Foot Unis, une dernière version amendée avec le maintien du salaire d'une joueuse pendant 90 jours en cas de blessure a été envoyée il y a plusieurs semaines à l'UNFP, qui n'a pas répondu. Interrogé par l'AFP, le syndicat des joueuses déplore cette situation, soulignant que trois organisations représentatives sur quatre (sans Foot Unis) ont trouvé un accord sur une convention collective pour la Ligue 3 masculine en six mois.

«Nous souhaitons qu'un effet miroir de cette convention s'exerce pour les joueuses», a déclaré à l'AFP Fabien Safanjon, vice-président de l'UNFP. De son côté, Paul-Hervé Douillard, directeur-général de la LFFP, espère auprès de l'AFP une convention «au plus vite» car ce sera un «marqueur important pour la structuration de la ligue», tout se disant «incapable de dire une date» mais, c'est certain, «elle verra un jour».

La LFFP, qui n'est pas décisionnaire, souhaite réunir de nouveau toutes les parties prenantes. Cette tribune intervient dans un contexte compliqué pour les équipes féminines en France, plombées par la crise économique que traversent les clubs masculins à cause de l'effondrement des droits TV.

L'exemple le plus emblématique est le cas de la section féminine de Dijon, cinquième de Première Ligue, qui pourrait abandonner le professionnalisme et repartir à un échelon inférieur si le club ne trouve pas de repreneur.

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