Sciences. Quatre décennies après la plus grave catastrophe survenue dans une installation nucléaire civile, ses conséquences sanitaires font encore l'objet d'une controverse scientifique.
Publié le 23/04/2026 à 07:45

La grande roue de Pripiat, au coeur de la ville éponyme abandonnée, près de Tchernobyl. Quarante ans plus tard, dans la zone d'exclusion, les infrastructures du site continuent d'être exploitées et sécurisées, malgré l'invasion russe de l'Ukraine.
Le Pictorium/MAXPPP
Le 26 avril 1986, à 1 h 23 du matin : une énorme déflagration retentit dans la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine. Le réacteur n°4 vient d'exploser. La faute à un test de sécurité mal contrôlé. Des quantités colossales de matières radioactives sont propulsées dans l'atmosphère pendant plusieurs jours, l'équivalent radioactif de plusieurs dizaines de bombes d'Hiroshima. Le panache, chargé d'une quinzaine d'éléments radioactifs différents, dérive vers le nord-ouest, avant de s'étendre à une grande partie de l'Europe. Il atteint la France le 30 avril 1986 en soirée et touche en particulier l'est du pays.
Mais quarante ans plus tard, une question demeure étonnamment ouverte : quel est le bilan sanitaire de cet accident ? Combien de personnes sont-elles mortes ? "Il est impossible de dresser un bilan sanitaire exhaustif de Tchernobyl", affirmait en 2016 l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), aujourd'hui intégré à l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR). Les raisons sont multiples : rétention d'informations de l'URSS à l'époque, manque d'études de suivi, notamment en France, difficulté à distinguer les maladies liées aux radiations ou à d'autres causes. Et même si de nombreuses études scientifiques ont été menées sur le sujet, toutes ne font pas consensus.

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