Un drôle d’oiseau, tout petit, discret et silencieux dans le brouhaha, a survolé le derby francilien à la Paris La Défense Arena. Pour la première fois dans en Top 14, un drone a permis à Canal + d’avoir des images inédites d’un match.
Les 15 321 spectateurs, tout en marine ou rose, qui ont envahi la partie basse de l’immense enceinte ne se sont sans doute pas aperçus de sa présence. L’enjeu était ailleurs pour les deux voisins sur le terrain. Le Racing 92, 9e au coup d’envoi, devait s’imposer pour se rapprocher du Top 6 au classement, synonyme de phase finale. Le Stade Français devait lui sécuriser sa place, 4e avant de commencer.
Comme c’est le Racing qui avait le plus à perdre, c’est lui qui a allumé la mèche avec le premier essai transformé de son capitaine Max Spring (7e). Ce match de rugby, l’un des derniers dans la plus grande salle d’Europe, s’est ensuite longtemps joué sur des pénalités.
Quelques jours après l’annonce du futur départ de Gaël Fickou à Toulon, le Racing a voulu lui rendre un premier hommage en tenant le match. Même si celui-ci a tardé à emballer la foule.
Il a quand même fallu que Paris se réveille avec un essai de Giorgi Melikidze (29e) pour revenir à égalité à la demi-heure de jeu (13-13) et mettre un peu de piment dans cette soirée. Avant que Max Spring (36e) remette le couvert avec un autre essai pour atteindre la pause à 20-13 en faveur des locaux.
Ce sont encore eux qui, dès l’entame de la deuxième mi-temps, ont remis le pied sur le champignon. L’essai de Wame Naituvi (41e) a permis aux siens de faire un premier bel écart (27-13).
Le derby a manqué de belles envolées
La suite est restée sur le même tempo que depuis le début de la soirée : hachée, heurtée et pas toujours très emballante. Avec une succession de pénalités, le derby a manqué de belles envolées.
La lumière s’est enfin rallumée quand, après un essai de Noah Nené refusé (55e) pour un en-avant, Paris est revenu dans le match avec celui de Samuel Ezeala (59e, 27-20). Il restait 20 minutes pour refaire les 7 points de handicap puis les dix (30-20) et treize après les pénalités de Leo Carbonneau (66e, 33-20).
La tâche des joueurs en rose est donc devenue plus ardue. Au fil du temps, elle est même devenue impossible avec un + 27 dans le money time après l’essai de Romain Taofifenua et le bonus offensif. Le Stade Français, qui se présentait avec une équipe remniée, est resté impuissant et brouillon.
Cette défaite ne met pas sa fin de saison en péril même si sa place dans le Top 6 est encore loin d’être garantie. Le Racing, en revanche, s’en rapproche sacrément. Il n’a plus que deux points de retard sur Clermont, sixième, à cinq journées de la fin. De quoi se (re)donner de l’espoir.




