« Seule, je ne peux pas y arriver » : dans le Puy-de-Dôme, la propriétaire du Château Dauphin appelle aux dons pour sauver la forteresse

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À Pontgibaud (Puy-de-Dôme), le Château Dauphin est le symbole de l’Auvergne médiévale depuis plus de huit siècles. Dressée vers 1190 pour défendre la vallée de la Sioule, la forteresse a traversé les guerres, la Révolution française – qui l’a gravement endommagée – puis les restaurations du XIXe siècle. Classé monument historique depuis 1995, l’édifice menace aujourd’hui de s’effondrer par endroits.

« Il est dans la famille depuis 1756 ! », rappelle Françoise de Germiny, usufruitière du château depuis le décès de son époux en décembre 2024. « Mon mari en était propriétaire depuis 1962. On a toujours fait des travaux, toujours entretenu. Mais il faut sans cesse recommencer. C’est un puits sans fond. »

« Ce château a survécu aux siècles. Si nous n’effectuons pas les travaux, il est menacé », regrette Françoise de Germiny. DR

« Ce château a survécu aux siècles. Si nous n’effectuons pas les travaux, il est menacé », regrette Françoise de Germiny. DR

Car le château, qui a vu défiler des personnages historiques comme Montaigne ou le maréchal de La Fayette (compagnon d’armes de Jeanne d’Arc et membre de la même famille que le célèbre marquis), est hors norme. Le donjon rond du XIIe siècle culmine à 33 m. L’édifice compte aussi un donjon d’habitation du XVe siècle, toujours debout, six tours d’enceinte et un donjon carré de près de 1 000 m2 habitables, sans oublier les remparts étayés par endroits, les toitures immenses et un hectare de potager classé jardins remarquables.

« L’eau, c’est l’ennemi numéro un des monuments historiques »

Depuis des décennies, la famille investit sans relâche dans sa restauration. « Ce qu’on a réparé il y a 30 ans doit déjà être refait aujourd’hui. » L’urgence concerne la couverture du donjon rond, qui prend l’eau. Coût estimé : entre 600 000 et 700 000 euros. « Si on ne fait pas les travaux, l’eau s’infiltre. Et l’eau, c’est l’ennemi numéro un des monuments historiques. »

Une première tranche a déjà coûté 300 000 euros. Le site a été retenu comme monument en péril par la Fondation du patrimoine, qui a promis 190 000 euros. « C’est précieux, mais on est loin du compte. » La propriétaire espère des aides de l’État et de la région. Mais les droits de succession, après le décès de son mari, ont lourdement pesé sur les finances.

Elle lance donc un appel aux dons pour réunir au moins 50 000 euros supplémentaires. « Nous avons déjà recueilli plus de 10 000 euros. Il faut beaucoup plus. » Chaque année, 5 000 visiteurs franchissent les portes de la forteresse. « Ils voient l’ampleur de la tâche, ils comprennent la fragilité. »

Sa voix se fait plus grave : « Ce château a survécu aux siècles. Si nous n’effectuons pas les travaux, il est menacé. Je me battrai. Mais seule, je ne peux pas y arriver. »

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