« Si gentil, si sincère, si humble » : qui était David Parrish, l’ultra traileur de 35 ans, décédé lors d’une tentative de record en Écosse ?

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David Parrish s’était lancé dans ce qu’il décrivait lui-même comme le défi « le plus exigeant » de sa vie, « aussi bien physiquement que mentalement ». L’ultra traileur écossais de 35 ans n’aura pas pu aller au bout. Il est décédé samedi 11 avril dans la région montagneuse des Highlands, au nord-ouest de l’Écosse, en tentant de signer le meilleur temps sur le Cape Wrath Trail, un itinéraire réputé comme l’un des plus difficiles du Royaume-Uni.

Une semaine avant son départ, prévu à l’origine le 2 avril et reporté de quelques jours à cause des conditions météorologiques, il a partagé un message sur son compte Instagram détaillant ses derniers préparatifs. « Mon équipement a été préparé puis revérifié, et j’ai envisagé tous les scénarios météo possibles tout en restant léger et positif », indiquait-il le 26 mars dernier, la veille de son enterrement de vie garçon.

Un défi sportif quelques jours après son EVG

Dans une cagnotte lancée sur Justgiving, David Parrish précisait vouloir récolter des dons pour les secours de montagne écossais, composés « entièrement de bénévoles » qui interviennent 24 heures sur 24 et 365 jours par an dans les zones reculées d’Écosse. Le Scottish Mountain Rescue « dépend des dons pour poursuivre son travail remarquable », insistait-il. « C’est pour cette raison que je vais parcourir le Cape Wrath Trail sans assistance ».

L’itinéraire non balisé de 376 km, avec plus de 11 000 m de dénivelé, traversant de nombreux marécages entre Fort William et Cape Wrath pouvait être suivi en direct sur OpenTracking. « Bonne chance David, un défi monstrueux ! J’ai hâte de suivre ça point par point », pouvait-on lire dans les commentaires. C’est d’ailleurs parce que son traceur s’est figé dans une zone reculée, dans le secteur de Glen Shiel, que l’alerte a été donnée.

Très attaché à son chien, un épagneul baptisé Munro, David Parrish publiait régulièrement des images de leurs exploits sur ses réseaux sociaux. Il y a deux mois, il lui souhaitait son anniversaire dans une vidéo montrant les deux acolytes très complices : « Munro a 5 ans, joyeux anniversaire à notre partenaire d’entraînement pot de colle. Tant de kilomètres et de montagnes parcourus en seulement cinq petites années. » « C’est si triste de regarder ça après ce qu’il s’est passé », commente un internaute, regrettant que Munro ait perdu « son ami » et « sa joie de vivre ».

« Si gentil, sincère et humble »

Loin d’être un débutant, David Parrish s’est imposé comme l’un des meilleurs spécialistes dans sa discipline. En 2025 notamment, il s’est imposé sur la célèbre Dragon’s Back Race, une course de six jours à travers les montagnes du pays de Galles. Un ancien concurrent raconte qu’il prenait chaque jour « quelques minutes pour discuter » lorsqu’il le dépassait, ajoutant qu’il était l’un des seuls à ne pas être « essoufflé ». Un autre salue « un coureur d’élite qui encourageait et portait vers le haut tous ceux qu’il croisait ».

Avec sa fiancée, Jade, il partageait l’amour du sport. Elle venait régulièrement l’encourager sur des courses, comme en témoignent des images relayées sur son compte Instagram.

« Tu étais unique entre tous, écrit un proche dans les commentaires de sa cagnotte qui atteint, ce vendredi, plus de 30 000 livres (34 470 euros). Si gentil, si sincère, si humble. » « Aucun mot. L’un des meilleurs gars que j’ai connus », souligne un autre, insistant sur ses exploits réalisés. « J’ai eu le privilège de renouer récemment avec David. Il était aussi sincère et plein de vie que quand nous travaillons ensemble », indique un autre. Avant d’être un champion d’ultra-trail, David Parrish a été militaire dans la Royal Marine britannique pendant huit ans.

En 2014, il a perdu un ami, Luke Ireland, mort d’hypothermie dans les montagnes de Glen Cova après un brutal changement de météo. Dans sa cagnotte mise en ligne, David Parrish souligne qu’un grand nombre de sauveteurs avait été déployé pour le retrouver et le descendre de la montagne à l’époque. L’histoire pourrait s’être répétée 12 ans plus tard. Les causes de la mort de l’athlète restent cependant à confirmer.

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