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Le Nothing Phone (4a) peaufine sa recette avec un design une fois de plus audacieux, une nouvelle interface Glyph et une fiche technique très solide sur le papier. Affichage maîtrisé, performances au rendez-vous, téléobjectif et autonomie en hausse : son modèle milieu de gamme prend du galon.
Avec le Phone (4a), Nothing poursuit le renouvellement de sa gamme estampillée “a” en restant ancré sur le milieu de gamme, tout en revendiquant une ambition plus premium qu’auparavant. D’abord remarqué grâce à des écouteurs bon marché au look disruptif, le constructeur britannique a ensuite fait évoluer sa stratégie vers des produits plus costauds et forcément plus chers, comme les récents Headphone (1) et Phone (3).
Dans ce contexte, ce modèle vise un certain équilibre consistant à proposer un smartphone complet sans basculer dans la catégorie “rein à vendre” au moment de passer en caisse, malgré un climat compliqué et les récentes déclarations de son cofondateur Carl Pei au sujet de la crise des composants.
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Pour appuyer ce positionnement à prix contenu, Nothing dégaine une fiche technique pour le moins solide : un grand écran Amoled 6,78 pouces, une puce Snapdragon 7s Gen 4, une batterie de 5080 mAh avec charge rapide à 50 W, et un triple module photo qui joue la polyvalence, dont un téléobjectif périscopique x3,5.
Le Phone (4a) succède ainsi au Phone (3a) en conservant ce qui fait l’identité de la marque, tout en mettant en avant une nouvelle version de son système lumineux Glyph, pensé pour gagner en lisibilité et en efficacité. Au regard de son tarif de départ à 369 €, il fait face aux Samsung Galaxy A56 5G, Google Pixel 9a et Redmi Note 15 Pro 5G.
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Ergonomie et designUne interface Glyph repensée
Une fois encore, Nothing a soigné le design de son Phone (4a). Cette itération assume des formes nettes et un cadre plat, sans pour autant négliger le confort en main. Il affiche 163,95 x 77,57 x 8,55 mm, soit une évolution très mesurée par rapport au Phone (3a) et ses 163,5 x 77,5 x 8,4 mm. Un peu lourd, il prend ainsi 3 g supplémentaires, soit 204 g, ce qui ne changera pas la vie des utilisateurs, sauf pour ceux qui ont les yeux rivés sur la balance, même avec leur appareil.
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La façade est dominée par une dalle Amoled 6,78 pouces qui occupe près de 88 % de la surface disponible. Dans la pratique, cela donne un grand espace d’affichage avec des bordures discrètes et symétriques, sans menton disgracieux. Pour la sécurité, Nothing propose une reconnaissance faciale 2D en complément d’un capteur d’empreintes digitales intégré sous l’écran ; une combinaison simple à appréhender et efficace au quotidien.
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Le niveau de finitions franchit une nouvelle étape. Si le cadre reste en plastique, l’ensemble s’appuie sur des matériaux plus nobles, comme l’aluminium et le verre Gorilla Glass 7i. Fidèle à la patte Nothing, le dos conserve un effet de transparence qui laisse deviner une partie de l’architecture interne d’une façon plus épurée. Le bloc photo profite quant à lui d’une finition métallique mate annoncée comme plus résistante aux rayures, alors que la zone inférieure du dos ménage davantage d’espaces “aérés”, ce qui allège l’apparence générale. La firme annonce par ailleurs une résistance à la torsion améliorée de 34 % par rapport à son aîné.
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Le changement le plus visible concerne la partie lumineuse, car plutôt que d’étaler à nouveau l’éclairage sur plusieurs bandes de leds, Nothing installe une Glyph Bar au dos sur la droite et concentre l’information sur un seul élément plus facile à appréhender. Ladite Glyph Bar repose sur des modules carrés de 9 mini-leds chacun pour un total de 63 mini-leds réparties en sept zones, avec en bonus un témoin rouge d’enregistrement déjà vu sur le Phone (3). L’idée est de profiter des alertes visuelles sans devoir réveiller l’écran à la moindre notification.
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L’implantation des commandes évolue également. Les boutons d’alimentation et de volume remontent légèrement sur la tranche, tandis que la touche Essential Key a été déplacée sur le côté opposé afin d’éviter les confusions et pressions involontaires. Côté connectivité, le Phone (4a) se passe d’une prise mini-jack 3,5 mm et ne propose pas la prise en charge de la technologie eSIM, celle-ci étant réservée à la version Pro. En contrepartie, le terminal supporte la 5G en dual SIM, le wifi 6, le Bluetooth 5.4 et le NFC.
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Enfin, la protection contre l’eau reste timorée. Avec sa certification IP64, le téléphone est armé contre la pluie et les éclaboussures, mais pas les ambitions d’immersion. On évitera donc les concours d’apnée avec ce Phone (4a). Enfin, Nothing délaisse un peu le minimalisme qui le caractérisait en misant sur davantage de couleurs. Des déclinaisons rose pastel et bleu électrique accompagnent en effet les traditionnels coloris blanc et noir dès le lancement. L’ensemble conserve donc l’originalité de la marque, la maturité en plus.
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ÉcranUne calibration toujours aussi réussie
L’afficheur Amoled du Phone (4a) arbore une diagonale de 6,78 pouces, un format devenu courant, en légère hausse par rapport à son prédécesseur (6,77 pouces). Il affiche 1224 x 2720 pixels, soit 440 ppp, et un taux de rafraîchissement variable jusqu'à 120 Hz (sans LTPO, donc), offrant une image fluide et précise, dans le sillage des smartphones plus ambitieux du marché.
Si Nothing annonce un pic HDR spectaculaire (4500 cd/m² !), dans la pratique, nos mesures révèlent une luminosité maximale autour de 1570 cd/m². Une valeur plutôt élevée, qui permet d'obtenir une lisibilité convenable en extérieur et de compenser au moins en partie une réflectance mesurée à 45 %, dans la moyenne de notre comparatif (l’écran renvoie ainsi 45 % de la lumière que refléterait notre miroir de référence)… Le Phone (4a) ne parie pas sur des valeurs record, mais se classe dans la moyenne haute des modèles de milieu de gamme.
Là où l’affichage impressionne le plus, c’est dans la justesse des couleurs. Sous nos sondes, le delta E par défaut s’établit à 2,34, indiquant des dérives colorimétriques presque imperceptibles à l’œil nu. La température des couleurs atteint quant à elle 6608 K, soit à peine au-dessus de la norme vidéo de référence (6500 K), ce qui se traduit par une image un peu plus froide.
Pour une restitution quasi parfaite, il suffit d’opter pour le mode Couleurs normales. On obtient alors un delta E à 1,15 et une température des couleurs de 6586 K, très proche de l’équilibre recherché. Enfin, l’écran sait aussi baisser d’un ton la nuit et peut descendre à 1,96 cd/m² pour être consulté dans la pénombre sans plisser les yeux comme Lee Van Cleef dans Le Bon, la Brute et le Truand.
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PerformancesLa fluidité en toutes circonstances
Sous le capot, le Nothing Phone (4a) embarque un Snapdragon 7s Gen 4 tout récent, la même puce qu’on retrouve aussi sur le Redmi Note 15 Pro+ de Xiaomi. Gravée en 4 nm, cette plateforme signée Qualcomm s’appuie sur huit cœurs avec un Cortex-A720 à 2,8 GHz, trois cœurs de performances à 2,4 GHz et quatre cœurs plus économes à 1,8 GHz. La partie graphique est quant à elle gérée par l’Adreno 810. Notre version de test dispose de 12 Go de RAM avec une déclinaison 8 Go pour les budgets plus serrés et peu regardants sur cette caractéristique.
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À l’usage, tout répond vite. Les animations sont fluides et les apps s’ouvrent sans accroc. Le multitâche ne se transforme pas en sport de combat, que ce soit pour parcourir le web, jongler entre plusieurs services ou naviguer dans les menus. L’interface épurée y est pour beaucoup dans l’expérience générale, la rendant franchement plaisante au quotidien. Même en jeu, le Phone (4a) ne s’essouffle pas : lors de notre test viSer, il a conservé un framerate stable autour de 62 images par seconde (i/s), sans chauffe excessive. Autrement dit, les grosses sessions sur des titres comme Call Of Duty Mobile ou Fortnite ne lui font pas peur et le Play Store ne devrait pas réussir à le mettre à genoux de sitôt.
PhotoComplet, mais peu adapté aux noctambules
Comme son cousin CMF Phone 2 Pro et son prédécesseur, le Nothing Phone (4a) débarque avec un avantage de taille par rapport à ses concurrents. Il s'offre en effet un triple module photo composé d'un capteur principal Samsung GN9 de 50 mégapixels (Mpx) avec OIS/EIS, un ultra grand-angle Sony IMX355 plus chiche de 8 Mpx, et le téléobjectif périscopique Samsung JN5 de 50 Mpx du Phone (3a) Pro. Ses rivaux, eux, doivent se contenter de deux capteurs utiles, voire un module macro dispensable en guise de troisième option.
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Module principal : 50 Mpx, f/1,88, éq. 24 mm
Le Phone (4a) s’inscrit dans la lignée de ses aînés lorsque les conditions lumineuses sont favorables. Il livre des images nettes et correctement exposées avec une restitution des couleurs naturelle et un contraste bien dosé. Les personnages restent lisibles — y compris sur des motifs complexes comme les cartes de tarot —, même si l’on peut parfois remarquer quelques aberrations chromatiques sur les effets de moiré. La dynamique est bien maîtrisée, ce qui permet de conserver à la fois les détails dans les parties très claires et dans les ombres. Face à lui, le Galaxy A56 affiche une finesse intéressante, mais a tendance à forcer la saturation et à éclaircir l'ensemble.
La nuit en revanche, l’avantage revient au smartphone de Samsung, qui conserve des teintes plus justes. Le Nothing Phone (4a) applique un voile orangé plus prononcé, ce qui affadit les couleurs. La photo reste exploitable et l’exposition demeure correcte, mais les détails se dégradent inévitablement. On observe la présence de bruit numérique, surtout dans les zones sombres et autour des éléments complexes, donnant un rendu parfois confus. Certes, le traitement logiciel tente de limiter cet effet, en vain.
Module ultra grand-angle : 8 Mpx, f/2,2, éq. 15 mm
Face à l'ultra grand-angle de 12 Mpx du Galaxy A56, le Phone (4a) fait pâle figure. Avec une définition de 8 Mpx seulement, inutile de dire Nothing a clairement sacrifié ce mode. En plein jour, les prises de vue restent acceptables, en particulier pour les réseaux sociaux, et l’exposition se montre même plus équilibrée que chez Samsung. En revanche, le rendu manque de finesse et de relief. Les textures et le contraste sont moins marqués avec un aspect à la fois granuleux et légèrement flou, qui se dégrade davantage sur les bords. La scène demeure toutefois lisible avec une colorimétrie un peu plus froide et moins appuyée, mais le bruit reste très visible.
En basse luminosité, rien ne va plus ! Si le modèle de Samsung est déjà à la peine, le Nothing Phone (4a), lui, a carrément lâché l'affaire. Entre le flou et un bruit très marqué — surtout autour des petits éléments —, la lisibilité chute et les détails se perdent, y compris sur les bords où la définition s’écroule davantage. La colorimétrie reprend en plus cette tendance aux tons orangés, peu réalistes. Le traitement de l’image accentue le manque de netteté, tandis que la distorsion reste contenue, avec néanmoins un effet de vignettage typique de cette optique.
Module téléobjectif x3,5 : 50 Mpx, f/2,88, éq. 80 mm
À ce niveau de prix, trouver un smartphone aussi bien équipé est peu courant, d’autant moins quand le troisième capteur sert réellement à la prise de vue et ne se limite pas à la macro ou au bokeh. Ici, le zoom périscopique x3,5 se montre très convaincant en journée avec des éléments bien dessinés, notamment les pastilles de couleurs, même si celles-ci paraissent un peu plus ternes que précédemment et que l’exposition peut tirer un peu haut.
Une fois la nuit tombée, les résultats deviennent vraiment décevants. Les couleurs sont délavées et virent au sépia, le bruit numérique envahit la scène et la précision recule nettement. Malgré ces déconvenues, les clichés restent suffisamment lisibles pour être partagés en ligne, à condition de ne pas être exigeant.
Module frontal et vidéo
Le Nothing Phone (4a) intègre une caméra avant de 32 Mpx, capable de réaliser des selfies convaincants, même si le rendu peut parfois paraître un peu trop lisse. Le mode portrait est globalement réussi, même s'il lui arrive de perdre en précision lorsque des éléments comme une barbe ou des mèches rebelles compliquent le détourage.
Côté vidéo, l'appareil filme jusqu'en 4K à 30 i/s et profite d’une stabilisation optique efficace, ce qui donne des séquences bien détaillées et une plage dynamique correctement maîtrisée. Le carré lumineux rouge au dos du terminal fait d'ailleurs office de témoin d’enregistrement. En revanche, avec le capteur frontal, il faut se satisfaire de la HD en 30 ou 60 i/s. Vous voilà prévenu(e).
AutonomieDu rab de batterie
Le Phone (4a) s’appuie sur une batterie de 5080 mAh, une capacité devenue très courante sur le marché. Certains concurrents chinois visent plus haut et dépassent désormais les 7000 mAh, mais Nothing semble avoir choisi ici une approche plus mesurée avec un compromis pensé pour maintenir une certaine finesse.
Lors de notre test en labo, sur note protocole viSer simulant un usage mixte, le téléphone a tenu 21 h 18 min. C’est un net progrès face au Phone (3a) avec un gain de plus de 2 h, et dans la vraie vie cela ouvre la porte à un usage frôlant les deux jours sans vivre en quête permanente d’une prise. À noter que Samsung et Xiaomi dominent cette catégorie.
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La recharge, elle, monte jusqu’à 50 W, à condition d’avoir le bloc de charge adéquat. Avec un chargeur compatible, il faut ainsi 62 min pour revenir à 100 %, et une vingtaine de minutes pour récupérer la moitié de la batterie. C’est efficace, même si certains rivaux font encore mieux sur le chrono. En revanche, Nothing coupe court à certaines coquetteries : fuera la recharge sans-fil et raus la charge inversée. Rien de dramatique, mais c’est le genre de détail qu’on remarque le jour où l’on voudrait dépanner des écouteurs ou éviter un câble de plus.
Durabilité
Notre score de durabilité permet de déterminer l'aspect durable du smartphone, autant pour le consommateur que pour l'environnement. Il s'appuie sur des éléments puisés dans l’étiquette énergie mise en place par l’Union européenne (classe énergétique, scores de résistance aux chutes et de réparabilité, nombre de cycles de batterie avant de tomber sous une capacité de 80 % et résistance de l’écran aux rayures). Nous y ajoutons des critères de durabilité (indice de protection IP, connecteurs standards, durée de garantie et des mises à jour…) et une évaluation des politiques RSE (Responsabilité sociétale des entreprises). Vous trouverez tous les détails de l'analyse dans notre article présentant notre score de durabilité.
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Points forts
Look toujours aussi identifiable.
Affichage lumineux et maîtrisé.
Expérience fluide au quotidien.
Volet photo polyvalent.
Points faibles
Non compatible eSIM.
Photos de nuit décevantes.
Absence de charge sans-fil.
Conclusion
Note de la rédaction
Comment fonctionne la notation ?
Avec son Phone (4a), Nothing livre un smartphone cohérent, agréable au quotidien et nettement plus mature dans sa proposition. Son grand écran Amoled convainc par sa calibration exemplaire, son processeur assure une expérience fluide et stable, l’autonomie progresse franchement et son interface sobre et efficace achève d’en faire un excellent rapport qualité-prix. Le design reste un vrai marqueur entre transparence, finitions mieux travaillées et nouveau système de Glyph pertinent. On peut aussi saluer la prestation complète en photo, assez rare sur ce segment tarifaire, bien qu'assez moyenne à la nuit tombée. Au final, Nothing signe un milieu de gamme équilibré avec une personnalité affirmée qui ne sert pas juste de décoration.
Face à la concurrence
Même si Samsung fait mieux en matière d’autonomie et de longévité logicielle, le Nothing Phone (4a) reste le plus équilibré et la proposition la plus complète du lot, avec un design original et plus affirmé. Il ne peut assurément pas rivaliser avec le Pixel 9a en matière de photographie, mais compense avec un troisième module réellement utile, tandis que son expérience utilisateur plus fluide et épurée fait clairement la différence face au Redmi Note 15 Pro et son interface bien plus chargée.
Sous-Notes
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Ergonomie et design
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Écran
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Performances
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Photo
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Autonomie
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Durabilité

il y a 1 hour
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