Comment Claude Monet en est-il arrivé à peindre l’immensité silencieuse des Nymphéas, son œuvre emblématique ? Le panneau monumental, amorcé dès 1895, a été le fruit d’hésitations, d’essais, de détours, nous raconte le musée des Impressionnismes, jusqu'au 5 juillet 2026, avec une exposition centrée sur les années 1883-1890. Une période charnière qui, loin de l’image figée du maître contemplatif des bassins de nénuphars, révèle un Monet en mouvement et en recherche.

Lorsqu’il s’installe en 1883, à Giverny, aux portes de Vernon, dans l’Eure, onze ans après Impression, Soleil levant, le jeune quadragénaire est encore en quête d’un territoire à sa mesure. Après les années d’errance entre Argenteuil, Vétheuil et la côte normande, c’est par hasard, qu’il a découvert le Pressoir, la maison qu’il va louer puis finira par acheter, sans savoir alors qu’elle deviendrait la retraite de la deuxième moitié de sa vie. Ici, la lumière est changeante, la Seine toute proche, Paris pas loin ; bref l’endroit est idéal pour accueillir la famille recomposée de Monet, veuf de sa première épouse Camille Doncieux, dont il a deux fils, et compagnon d’Alice Hoschedé, elle-même pourvue de six enfants.