Publié le 02/03/26 à 07h30
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Face à la pression de la concurrence chinoise et à des défis techniques persistants, la Nasa revoit en profondeur son architecture lunaire. Au programme, abandon des évolutions majeures de la fusée SLS au profit d’une cadence de vol accélérée et une surprise de taille : Artemis III ne posera pas les pieds sur la Lune.
La fusée SLS ne connaîtra pas ses évolutions structurelles initialement prévues. © Nasa/John Kraus
C’est un véritable coup de théâtre. Alors que le monde attend fébrilement le lancement d’Artemis II — la première mission habitée autour de la Lune depuis 1972 — la NASA vient d'annoncer une refonte structurelle de son programme phare. L’objectif est clair : simplifier pour aller plus vite, quitte à sacrifier les ambitions technologiques initiales du lanceur lourd Space Launch System (SLS).
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Cette décision s'inscrit dans un contexte où le SLS, fusée surpuissante aux moteurs hérités des navettes spatiales, connaît notamment des problèmes de fuite d'hydrogène. Le lanceur géant a même dû être renvoyé au hangar pour un autre problème, lié à l'hélium.
Adieu au “Block 1B” : priorité à la stabilité
Les autres versions du SLS ne verront donc probablement pas le jour. © Nasa
La décision la plus spectaculaire concerne l'architecture même de la fusée SLS. Jusqu'ici, la Nasa prévoyait de passer rapidement de la version “Block 1” (actuelle) à une version “Block 1B” plus puissante, dotée d'un nouvel étage supérieur baptisé EUS (Exploration Upper Stage). Cet étage devait permettre d'envoyer des charges utiles beaucoup plus lourdes vers la Lune.
L'EUS restera à l'état de schéma. © Nasa
Finalement, il n'en sera rien. Amit Kshatriya, administrateur associé de la Nasa, a tranché : l'agence conservera la configuration actuelle “Block 1” pour les missions à venir. Pourquoi un tel rétropédalage ? La Nasa souhaite éviter les risques industriels et les délais liés au développement d'un nouvel étage. En “standardisant" le véhicule, l'agence s'appuie sur une technologie déjà testée lors d'Artemis I, limitant ainsi les mauvaises surprises sur le pas de tir.
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Abandon de l'actuelle mission Artemis III
Pour compenser ce gel technologique, l'agence spatiale accélère le tempo. Une nouvelle mission vient d'être ajoutée au calendrier : elle s'intercalera en 2027. Initialement prévue pour être le grand retour sur le sol lunaire, Artemis III change d'objectif. Elle servira désormais de répétition générale en orbite terrestre basse (LEO). Ce sera l'équivalent d'Apollo 9.
Durant cette mission, les astronautes testeront les manœuvres de rendez-vous et d'amarrage avec les futurs atterrisseurs commerciaux de SpaceX (Starship HLS) et de Blue Origin. Ce n'est qu'en 2028, avec Artemis IV, que l'homme devrait enfin reposer le pied sur la surface sélénite. L'ambition affichée est ensuite de tenir un rythme soutenu d'un atterrissage par an.
L'ombre de la Chine et l'héritage d'Apollo
Derrière ces ajustements techniques se cache une réalité géopolitique. Jared Isaacman, l'actuel administrateur de la NASA, ne s'en cache pas : “Avec une concurrence crédible de notre plus grand adversaire géopolitique [la Chine] qui augmente de jour en jour, nous devons aller plus vite.”
Pour réussir ce pari, la NASA invoque “la sagesse d'Apollo”. L'idée est de revenir à une approche progressive, où chaque mission est une brique incrémentale ne présentant pas de saut technologique trop risqué. L'agence prévoit également de réinternaliser certaines compétences au sein de son personnel civil pour mieux contrôler les coûts et les délais de ses partenaires industriels comme Boeing.
Quid d'Artemis II ?
En attendant ces bouleversements, les yeux sont rivés sur le Kennedy Space Center. Le lanceur SLS d'Artemis II a récemment été ramené au bâtiment d'assemblage (VAB) pour résoudre un problème de flux d'hélium sur l'étage supérieur. Si les réparations et les tests de batteries se déroulent comme prévu, la fenêtre de tir d'avril 2026 reste l'objectif prioritaire.
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