Contre les cyanobactéries dans son lac, Vire Normandie parie sur les ultrasons : « Pour le tourisme, c’est capital »

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« Cette fois, nos problèmes de bactéries sont bientôt finis ! » Régis Picot, adjoint au maire de Vire Normandie (Calvados), ne cache vraiment pas son soulagement. Il est sûr de détenir enfin la solution à l’invasion de cyanobactéries qui gâchait depuis plusieurs années la vie autour du lac de la Dathée, l’un des pôles touristiques de la commune. On sait en effet que ces micro-organismes, quand ils sont très concentrés, peuvent devenir toxique pour les humains, les animaux et l’environnement en général.

« Tous les étés, la base nautique devait fermer et la pêche était interdite à cause de ces cyanobactéries qui prolifèrent dans le lac, du fait des activités agricoles voisines. Plus personne ne pouvait donc ni pêcher, ni faire de pédalo, de voile ou de paddle. Mais surtout, malgré les nombreux arrêtés que nous prenions, on était préoccupés par les risques pour la santé humaine et animale. Des chiens qui s’étaient mis à l’eau se sont retrouvés chez le vétérinaire. Et on n’est jamais à l’abri d’un enfant qui se serait aussi retrouvé à l’eau en contact avec ces toxines », poursuit l’élu.

« Le site va retrouver enfin une activité normale »

Ce problème est donc, selon la mairie, tout près d’être résolu. Début avril, la commune va faire installer deux barges baptisées « cyanobox » dans le lac de la Dathée. Une fois en place, elles émettront des ultrasons qui devraient stopper la prolifération des cyanobactéries.

« La société que nous avons choisie a assez de recul sur le système pour assurer que ce sera efficace. Le site va retrouver enfin une activité normale. Il y a des moments où, à cause de cette pollution dans l’eau, la base nautique était obligée de faire faire du tir à l’arc aux enfants alors qu’ils étaient venus pour découvrir… la voile ! C’était très frustrant et surtout anormal. Mais c’est fini », assure encore Régis Picot.

« Vous ne pouvez pas savoir ce que ça représente pour certains d’entre nous », s’enthousiasme Louis, septuagénaire. « Ce site, c’est notre petit univers. Et c’était tellement douloureux de ne plus y pêcher et même d’en arriver à se méfier de cet endroit qu’on aime tant. Là, ils ont l’air sûrs d’eux. Franchement, si ça marche, c’est fantastique. Même pour le tourisme du secteur, c’est capital. Il y a beaucoup de marcheurs et de cyclistes qui viennent ici. Et l’image ces dernières années s’était forcément dégradée. Certaines familles en étaient même arrivées à bannir complètement ce site. Ils n’y venaient plus jamais. »

Pour être efficace, le système sera opérationnel dès le début du mois d’avril. « C’est le moment où ces cyanobactéries commencent à se développer. On va donc interrompre leur prolifération dès le début. Et se mettre à l’abri dès le printemps », détaille enfin l’adjoint. Le coût total de l’opération est estimé à 50 000 euros.

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