« Je suis comme un poisson dans l’eau » : Sophie Adenot se confie depuis l’ISS

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Au milieu d’un fatras incalculable de fils, câbles et appareils électroniques en tout genre, ses cheveux blonds flottant en apesanteur au-dessus de sa tête et avec ce sourire large, qu’on lui connaît depuis le début de l’aventure, l’astronaute Sophie Adenot a réalisé sa première interview en français depuis la station spatiale internationale (ISS), ce jeudi après-midi. Un échange de vingt minutes à 400 km de la Terre, en visio, presque comme si elle était à l’autre bout de Paris.

« J’ai eu la grande surprise de découvrir que je n’étais pas du tout malade, que je n’avais pas le moindre symptôme du mal des transports. Alors je suis comme un poisson dans l’eau, comme si toutes les cellules de mon corps ressentaient cette joie », raconte la jeune femme de 43 ans. Un bonheur qu’elle ne cessera d’évoquer. « La Terre est si belle, cela fait beaucoup d’émotions de la voir ainsi ».

« Odeurs de carlingues métalliques »

La Française décrit autour d’elle des « odeurs de carlingues métalliques » et des bruits de « ventilateurs, de machines technologiques avec des vannes qui s’ouvrent par exemple » ou le cliquetis « d’objets qui se touchent ».

L’astronaute raconte aussi le rythme intense de ses journées qui débutent à 5h30 par deux heures de sport, indispensables pour que le corps ne subisse pas les méfaits de la gravité - « A cette heure-là, il n’y a pas beaucoup de monde » - suivies d’un briefing à 7h30 avec les centres de contrôle de Houston, Moscou, Munich ou encore au Japon.

Le reste de la journée est consacré à la science, à la maintenance et la logistique. Notamment ce passage obligé pour tous les jeunes astronautes qui séjournent pour la première fois dans l’ISS : la maintenance des toilettes : « Le recyclage d’urine pour le transformer en eau potable et le traitement du conteneur numéro 2… », sourit - elle avec malice.

La semaine prochaine, Sophie Adenot commencera le test d’EchoFinder, un système mis au point par le Cnes (Centre national d’études spatiales). Il permet de réaliser des échographies en toute autonomie, à l’aide d’intelligence artificielle et de réalité augmentée. S’il fonctionne, ce type d’équipement pourrait servir lors de missions plus longues sur la Lune ou un voyage vers Mars. Là où la durée et l’éloignement nécessitent que les astronautes sachent se soigner seuls.

« On prend encore nos marques »

Des journées si denses pour Sophie Adenot qu’elle avoue n’avoir toujours pas déballé ses valises. « J’ai mis une semaine à trouver mon shampoing ! », lâche-t-elle dans l’un de ses nombreux éclats de rire. « On prend encore nos marques. On est très occupés mais j’ai une énergie d’enfer ».

L’astronaute française a décollé le 15 février depuis Cap Canaveral, en Floride, pour rejoindre 34 heures plus tard l’ISS et réaliser son rêve de petite fille. Son séjour est prévu pour durer entre huit à neuf mois, ce qui en ferait le voyage le plus long jamais effectué par un astronaute de l’ESA, l’Agence spatiale européenne. Si tout se passe bien, elle ne rentera qu’à la fin de l’automne, quand une autre équipe viendra la remplacer ainsi que ses compagnons de Crew 12.

À la demande d’un interlocuteur, elle pose son micro et réalise le traditionnel salto en apesanteur, avant de conclure : « Quand vous regardez les étoiles, j’espère que vous vous rappelez que nous sommes tous soudés dans cette aventure ».

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