La France s'engage contre les drones iraniens, cette doctrine nucléaire introuvable à l'Elysée

il y a 5 hour 2

La CIA noyaute l’entourage du président vénézuélien, le Mossad israélien piège les bipeurs du Hezbollah, les espions de Poutine payent des petites mains pour dessiner des étoiles de David dans Paris… Si vous ne vous intéressez pas au monde de la défense et de l’espionnage, c’est lui qui s’intéressera à vous. Retrouvez, chaque semaine, notre sélection d'indiscrets exclusifs en France... et notre revue de presse des nouvelles les plus saillantes en Europe.

La France défend Chypre contre l'Iran

La France prête main-forte à Chypre après les attaques de drones iraniens perpétrées à l’encontre d’une base britannique, comme l'a annoncé Emmanuel Macron. Paris prévoit d’envoyer des systèmes anti-missiles, anti-drones ainsi qu’une frégate. C’est plus précisément la frégate multi-missions Languedoc, équipée de systèmes anti-balistiques, qui sera chargée d’aller patrouiller dans les eaux de la région. En parallèle, après une frappe de drone ayant touché un hangar sur une base française aux Emirats arabes unis, des Rafale ont été dépêchés pour mener des missions de sécurisation au-dessus des bases tricolores, plus précisément six appareils de la flotte aérienne, a appris L'Express.

Pas de doctrine nucléaire à l'Elysée

Surprise des conseillers diplomatiques d'Emmanuel Macron en 2017 : alors qu'ils sollicitaient l'état-major particulier du président de la République pour obtenir des éléments secret-défense sur la doctrine de dissuasion nucléaire française, on leur aurait fait savoir que ces écrits... n'existent pas. Ce sont les discours officiels du chef d'Etat qui tiennent lieu de doctrine, nous indique un proche du président. Celui de l'Ile Longue, ce lundi 2 mars, a acté une dimension plus européenne de la stratégie hexagonale.

Jean-Noël Barrot se rêve en Jean Monnet

Jean-Noël Barrot se rêverait-il en Jean Monnet ? Alors que le couple franco-allemand bat de l’aile, le ministre des Affaires étrangères ambitionne de proposer mi-mars aux partenaires d’outre-Rhin une "CenIA", pour "Communauté européenne du numérique et de l’IA". Le projet : favoriser les coopérations européennes dans ce secteur en ébullition, d’abord avec l’Allemagne puis avec la Pologne, avant d’élargir l’initiative à d’autres Etats membres. Un clin d’œil appuyé à la CECA, la Communauté européenne du charbon et de l’acier, dont le traité a été signé au Quai d’Orsay en 1951.

Un droniste français avec l'Otan

La start-up française Alta Ares vient de participer pour la première fois au plus vaste exercice militaire de l’Otan. Le Steadfast Dart, auquel prenait également part la licorne allemande de la défense Quantum Systems, a mobilisé plus de 10 000 militaires de onze pays. Alta Ares s’est lancée en Ukraine en 2024 sur le créneau des systèmes anti-drones nourris à l’intelligence artificielle.

En novembre 2025, son PDG Hadrien Canter avait présenté au président ukrainien un drone intercepteur rapide capable de détruire en vol des Shahed russes. L’entreprise a reçu fin février la visite de Gabriel Attal et de députés Ensemble pour la République à Kharkiv, à l’est de l’Ukraine.

Airbus contre le Scaf

Lors d'un déplacement de sénateurs français en juillet 2025 à Bruxelles, un dirigeant d'Airbus Défense et Espace, déjà sceptique sur l'avenir du projet franco-allemand d'avion de combat, réclamait une décision à la fin de l'année. "Nous, à la fin de l'année, on arrête", espérait-il. Le projet Scaf, défini en 2017, était déjà dans les limbes depuis plusieurs mois. "Français et Allemands se sont accrochés parce qu'il fallait montrer que l'on pouvait concrétiser un projet industriel commun, mais le projet a été mal conçu dès le départ", explique un parlementaire, présent lors de la visite.

Un débat sur la stratégie ?

Le sénateur socialiste Rachid Temal va écrire cette semaine à Sébastien Lecornu pour demander au Premier ministre l'organisation d'un grand débat sur la revue nationale stratégique 2026, afin de permettre aux citoyens de mieux s'emparer du sujet. Son initiative a lieu en amont des discussions sur l'actualisation de la loi de programmation militaire 2024-2030, qui doivent débuter en mai au Sénat, avant l'Assemblée un mois plus tard. Le texte doit débloquer 3 milliards d'euros en plus de la loi de finances 2026.

Et notre revue de presse vue d’Europe…

Mouchard. Un Géorgien de 36 ans d'origine azerbaïdjanaise a été arrêté le 2 mars en Grèce. Il est soupçonné d'avoir surveillé la base américaine de Souda, en Crète. Selon la télévision grecque, un logiciel de cryptage aurait été découvert sur son téléphone portable. Il est actuellement détenu au siège du Service national de renseignement. (Reader Grèce, Agia Paraskevi, 3 mars)

Amis du Kremlin. L’AfD suscite l’inquiétude après avoir officiellement demandé des informations au gouvernement allemand sur les vulnérabilités de l’Otan en matière de défense. Des données susceptibles d’être exploitées par Moscou, dont ce parti d'extrême droite est proche. L'AfD s’est notamment intéressée à un exercice de l’Alliance mené en Estonie. (Politico, Bruxelles, 26 février)

Espionnage. Le chancelier Merz veut transformer le BND en service offensif : selon un projet de loi révélé par la Süddeutsche Zeitung, le renseignement extérieur allemand pourrait bientôt mener des sabotages, des cyberattaques de représailles et pénétrer clandestinement dans des domiciles. L'opposition dénonce un "tabou politique majeur" brisé. (Tagesspiegel, Berlin, 1er mars)

Renseignement contre armée. La réforme annoncée du renseignement allemand suscite une vive inquiétude au sein de l'armée allemande : selon des experts du ministère de la Défense, le nouveau statut ferait du renseignement militaire (MilNW) un simple prestataire du BND, le renseignement extérieur. Et ce au détriment des opérations militaires. L'armée redoute aussi que le BND débauche ses rares hackers spécialisés. (Euronews Deutschland, Berlin, 19 février)

Sabotage. Selon une enquête du Spiegel publiée le 19 février, la CIA était informée dès le printemps 2022 du plan ukrainien de sabotage des gazoducs Nord Stream, baptisé "Opération Diamètre". L'opération aurait été approuvée par le commandant en chef de l'époque Zaloujny, sans que Zelensky en soit averti. La CIA dément. (Der Spiegel, Hambourg, 19 février)

Bannissement. L'état-major des forces armées polonaises a interdit l'accès des véhicules fabriqués en Chine à toutes ses installations militaires, craignant la collecte de données via les systèmes embarqués — caméras, GPS, connectivité. (Rzeczpospolita, Varsovie, 19 février)

Nid d'espions. Le parti libéral autrichien Neos réclame une réforme urgente du Code pénal sur l'espionnage. Il affirme que Vienne reste une plaque tournante du renseignement russe en Europe. Selon l'ex-directeur du renseignement extérieur, Peter Gridling, un tiers des activités des services secrets russes en Europe passerait par Vienne ou Genève. (Der Standard, Vienne, 9 février)

Lire l’article en entier