Les paillotes ne reviendront pas sur la plage du Grand Travers à La Grande-Motte (Hérault). C’est la cour administrative d’appel de Toulouse qui vient de statuer et de confirmer le jugement administratif de première instance de Montpellier, appuyé notamment sur le non-respect des règles de protection de la nature et le risque de submersion. Classée zone remarquable protégée, cette plage est inconstructible.
« C’est une décision logique, comme les 14 jugements qui nous sont favorables sur ces questions environnementales depuis des années, estime Françoise Clère, la présidente de l’association AGME (Association Grande-Motte Environnement). Le Grand Travers est une zone protégée. Et il est hors de question d’y implanter des paillotes, même si elles ont un caractère saisonnier. Cette zone est particulièrement bien cartographiée est sanctuarisée. Le jugement est clair et argumenté. » Elle mène ce long combat judiciaire avec l’Association des riverains et amis du Grand Travers.
« Beaucoup ne veulent plus aller sur les plages publiques, notamment les femmes »
La décision de justice vise trois établissements phares de la station : la Voile Bleue, l’Éphémère et la Paillote Bambou, considérés comme des pionniers de la tendance paillotes dans la baie d’Aigues-Mortes. Les trois enseignes avaient obtenu de la mairie des concessions de plage de 1 500 m² de surface sur le sable pour offrir des services de restauration, de plagistes et de très prisées soirées musicales, de fin avril à fin septembre.
« Il y a une très forte demande de plage privée, de location de matelas parce que beaucoup ne veulent plus aller sur les plages publiques, notamment les femmes, où l’ambiance, ces dernières années, s’est détériorée. Nous sommes là pour répondre à cette demande. Et le Grand Travers est l’espace idéal », soutient Joël Ortiz, le patron de la Voile Bleue, qui a pris acte de la décision de la cour d’appel de Toulouse. Lui veut croire à un assouplissement de la réglementation qui pourrait, dans quelques années, autoriser le retour des trois établissements dans le secteur du Grand Travers.
« Nous gardons une plage totalement sauvage »
Les trois paillotes n’ont pas été pour autant rayées de la carte puisqu’elles sont relocalisées sur la plage en zone urbanisée de la station, notamment la Voile Bleue et l’Éphémère à la sortie de la ville à hauteur de la Dune, la célèbre boîte de nuit branchée de la station. À cette époque de l’année, sur la plage, la fin de paillotes au Grand Travers ne semble pas déranger les promeneurs de février, rares en raison de la fermeture des parkings pour cause de submersion. « Ces paillotes ont trouvé leur place sur les plages en ville et nous gardons une plage totalement sauvage, c’est parfait », soulignent ces deux promeneuses.
La réglementation littorale concerne aussi quatre établissements de moindre surface sur la commune de Mauguio-Carnon – La Pampa 1 et la Pampa 2, le Mistral et la Plage sauvage − visés par une décision du tribunal administratif de Montpellier qui pointe l’illégalité de leurs concessions. Ils pourraient ne pas rouvrir cet été.




