La leucémie aiguë myéloïde, ou LAM, est la forme de leucémie aiguë la plus fréquente chez l’adulte. Elle survient surtout après 60 ans, et se traduit par une production excessive de cellules anormales, appelées blastes myéloïdes, qui envahissent la moelle osseuse. Ce qui empêche alors la production et le fonctionnement normal des cellules sanguines.
Un risque de rechute très élevé
Dans un communiqué daté de ce 21 avril 2026, une équipe de recherche de l’Inserm, de l’Université de Lille, du CHU de Lille et du CNRS (Source 1) annonce avoir fait un pas vers une nouvelle piste de traitement. Une avancée importante étant donné que le pronostic de ce cancer du sang et de la moelle osseuse demeure défavorable, malgré les récents progrès thérapeutiques. Cette maladie présente en effet un risque élevé de rechute, lié à la persistance d’une population de cellules cachées parmi les blastes, appelées cellules souches leucémiques.
Ici, l’équipe de recherche a mis en évidence le rôle clé d’une protéine, CD81, présente en grande quantité à la surface de ces cellules souches cancéreuses. L’équipe s’est ici « intéressée à l’intérêt de cibler CD81 pour améliorer le pronostic de la leucémie aiguë myéloïde et empêcher sa récidive », lit-on dans le communiqué.
Parue dans la revue Signal Transduction and Targeted Therapy (Source 2), l’étude menée par ces chercheurs a été menée auprès de 252 personnes atteintes de LAM et venant d’être diagnostiquées, et de 38 personnes en phase de rechute. Les travaux ont permis de confirmer les résultats de précédents travaux : une surepression de la protéine CD81 à la surface des blastes est bien associée à une mauvaise réponse au traitement et à un plus grand risque de rechute.
Des travaux menés in vitro sur des cellules et in vivo sur des souris ont permis de pousser plus loin les investigations et de confirmer la pertinence de cibler cette protéine pour tenter de diminuer le risque de rechute.
« Nos travaux montrent que la protéine CD81 peut être considérée comme un nouveau marqueur des cellules souches leucémiques. Comme ces cellules réussissent à échapper à la chimiothérapie, les cibler via cette protéine CD81 pourrait représenter une stratégie thérapeutique efficace, en complément des traitements déjà existants », a estimé Meyling Cheok, directrice de recherche Inserm et responsable de l’étude, dans le communiqué.
Un anticorps anti-CD81 à tester
L’équipe est allée encore plus loin dans son cheminement, en mettant au point un anticorps anti-CD81, testé in vitro sur des cellules humaines, et in vivo sur des souris atteintes de LAM. « Chez la souris portant la maladie, l’administration de cet anticorps, bien tolérée en combinaison avec la chimiothérapie, a entraîné une réduction importante et durable de la charge tumorale, conduisant à une maladie moins agressive, à une rechute retardée et à une survie prolongée », se réjouissent les chercheurs.
Des résultats très encourageants qui doivent encore être confirmés par d’autres études précliniques. « Si ces résultats venaient à être confirmés, le ciblage du CD81 pourrait s’avérer efficace non seulement contre les cellules leucémiques persistantes, mais aussi en tant que traitement de deuxième intention en cas de rechute », a conclu Meyling Cheok.

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