Il a la réputation de ne pas avoir sa langue dans sa poche. Fidèle à lui-même, Waldemar Kita a livré une interview explosive à Eurosport ce vendredi, durant laquelle il enfonce notamment son ancien entraîneur Luis Castro, licencié du FC Nantes le 10 décembre 2025 moins de six mois après son arrivée.
Interrogé sur des erreurs qu’il aurait commises à la tête du club qu’il dirige depuis 2007, le président et propriétaire du FCN n’a pas hésité à cibler en premier lieu « le recrutement » du technicien espagnol. « On a beaucoup discuté et hésité avec Franck (Kita, son fils et directeur général délégué), j’aurais dû être plus vigilant », a-t-il expliqué. « Ce coach va faire descendre deux clubs dans la même année. Je n’aurais pas dû prendre cet entraîneur sans expérience », a lâché le boss des Canaris en référence à la 19e place actuellement occupée par Castro à la tête de l’équipe espagnole de Levante.
« Ce type-là est à côté, c’est un éducateur. Il ne peut pas réussir. Je gueule aujourd’hui au club et tout le monde me dit que j’ai raison. Après les matchs amicaux, je disais qu’il fallait le dégager », a assuré Waldemar Kita, expliquant « avoir l’œil pour le foot ». « C’est ça mon grand problème (…) On ne veut pas me donner raison. »
« Certains auraient fui depuis longtemps en disant : Allez vous faire foutre »
Dénonçant les critiques l’accusant d’être trop interventionniste dans la direction sportive du FC Nantes, l’homme d’affaires franco-polonais a défendu son bilan, malgré 23 entraîneurs écumés depuis son arrivée sur les bords de l’Erdre. « Ce n’est pas moi qui gère le sportif, que ce soit clair », a-t-il assuré. « Parce que si j’étais intervenu un peu plus cette saison, je pense qu’on n’en serait pas là. Si je suis votre logique, j’intervenais avant, d’accord ? On était en Ligue 1. Aujourd’hui, on va descendre parce que j’ai tout laissé faire », a analysé Kita, alors que les Nantais comptent cinq points de retard sur le barragiste à quatre journées du terme de l’exercice actuel.
« Tout le monde est contre moi : la Brigade Loire, les politiques, les droits TV… et j’ai tenu quand même », s’est défendu le président. « Je suis quelqu’un avec une éthique et une responsabilité. Certains auraient fui depuis bien longtemps en disant : Allez vous faire foutre, je m’en vais et je vous laisse en dépôt de bilan et recommencez en CFA. »
En revanche, Waldemar Kita est conscient que son club risque de vivre des mois voire des années de galères. « Vous savez, l’environnement n’est pas très bon », a-t-il répondu à la question d’une potentielle vente. Je pourrai lâcher tout le monde demain, mais ce n’est pas honnête. Maintenant, je ne peux pas continuer à travailler dans ce contexte-là. Ça va finir comme Bordeaux si ça continue. » Autant dire que les difficultés ne sont pas près de s’arrêter pour les supporters nantais.




