« YouTube ne cherche pas à rendre accro » : la plateforme américaine se défend de vouloir garder les utilisateurs captifs

il y a 2 day 5

Un dirigeant de YouTube a réfuté lundi que la plateforme privilégie la maximisation du temps passé sur le site, à l’orée de la troisième semaine du procès de l’addiction aux réseaux sociaux. « YouTube n’est pas conçu pour maximiser le temps » passé à regarder ses vidéos, mais « pour offrir aux gens le plus de valeur », a prétendu Cristos Goodrow, vice-président chargé de l’ingénierie, lors de son audition devant un tribunal civil de Los Angeles.

VidéoAccusé de rendre les enfants accros aux réseaux, Zuckerberg face à la justice

Ce cadre technique a pris la place du patron de YouTube, Neal Mohan, qui devait initialement représenter la filiale de Google face aux jurés. Cette stratégie contraste avec celle de Meta, qui a envoyé à l’audience, outre le patron d’Instagram, Adam Mosseri, le PDG du groupe tout entier, Mark Zuckerberg, entendu mercredi dernier.

Le jury doit déterminer d’ici fin mars si YouTube et Instagram sont en partie responsables des problèmes de santé mentale qu’a connus Kaley G.M, à l’origine de la procédure. Cette Californienne de 20 ans a commencé à fréquenter YouTube à six ans et Instagram à neuf. Elle affirme avoir développé une addiction à ces plateformes.

Un milliard d’heures regardées chaque jour sur YouTube

« YouTube ne cherche pas à rendre les gens accros », a clamé lundi Cristos Goodrow, lors de son interrogatoire par l’avocat de la plaignante, Mark Lanier. L’avocat a produit un document interne datant de 2013 qui fixait à YouTube l’objectif d’un milliard d’heures de contenus consommés quotidiennement sur la plateforme d’ici 2016. Cette cible a été atteinte, et dépassée, en 2024.

Cristos Goodrow a défendu le modèle de YouTube, bâti sur un puissant algorithme de recommandation. « Je pense que les recommandations personnalisées sont formidables », a-t-il estimé, « bien meilleures que si l’on regarde n’importe quel programme qui passe à la télévision ».

Le procès en cours est considéré comme un test important pour l’avenir des centaines d’autres procédures similaires en cours. L’enjeu ne concerne pas les contenus eux-mêmes, la loi protégeant les plateformes de toute responsabilité en la matière, mais la stratégie des applications, taxées d’avoir sciemment encouragé la surconsommation d’images et de vidéos.

Alors qu’elle ne devait initialement pas être entendue, Kaley G.M. va finalement être auditionnée cette semaine, mardi ou mercredi. TikTok et Snapchat, également visés par ces plaintes, ont préféré signer un accord confidentiel avec Kaley G.M. avant le procès.

Les procédures en cours à Los Angeles se déroulent en parallèle d’une procédure similaire menée cette fois à l’échelle nationale, devant une juge fédérale d’Oakland (Californie), et susceptible de déboucher sur un autre procès en 2026. Meta est aussi en procès ce mois-ci au Nouveau-Mexique, où un procureur accuse le groupe de privilégier le profit au détriment de la protection des mineurs contre les prédateurs sexuels.

Lire l’article en entier