Un véritable bras de fer entre la startup californienne et le Pentagone. Donald Trump a ordonné vendredi à son administration de « cesser immédiatement toute utilisation » de l’intelligence artificielle (IA) d’Anthropic baptisée Claude. Le géant de la tech refuse de l’ouvrir sans restriction à l’armée américaine.
- Pourquoi Anthropic s’oppose au Pentagone ?
Dans le cadre d’un contrat de 200 millions de dollars signé en juin, Anthropic fournit au gouvernement ses modèles d’IA, largement utilisé par le ministère de la Défense. La start-up californienne se refuse néanmoins à laisser le Pentagone mettre son intelligence artificielle au service de la surveillance de masse des populations ainsi que pour automatiser des attaques mortelles.
Le ministère de la Défense réclame de lever ces restrictions, assurant qu’il entend se servir des modèles dans le respect de la légalité. Mardi, après une rencontre infructueuse entre le ministre de la Défense, Pete Hegseth, et le patron d’Anthropic, Dario Amodei, le gouvernement a menacé l’entreprise de sanctions en cas de refus.
- Quelle réponse de Washington ?
Pete Hegseth prévoit de la forcer à fournir ses services sans réserves sur la base d’une loi de 1950 sur la sécurité nationale, mais aussi de la faire inscrire sur la liste des sociétés « à risque ». Jeudi, Dario Amodei a publié un message indiquant que « ces menaces ne (changeaient) pas (la) position » du groupe.
Cette dernière comprend des sociétés dont les autorités américaines craignent que leurs produits ou services n’aillent à l’encontre des intérêts de sécurité nationale.
Le ministère de la Défense a fixé un ultimatum à la start-up lui enjoignant de revenir sur sa position avant vendredi à 17h01 locale (23h01 heure française).
VidéoSommet de l'IA : ce moment gênant entre Sam Altman et Dario Amodei
Anthropic, refusant de céder à toute pression, Donald Trump a enjoint ce vendredi son administration à cesser le recours à son IA. « J’ordonne à TOUTES les agences fédérales du gouvernement américain de CESSER IMMEDIATEMENT toute utilisation de la technologie d’Anthropic. Nous n’en avons pas besoin, nous n’en voulons pas, et nous ne travaillerons plus avec eux », a tonné le président américain sur sa plateforme Truth Social.
Donald Trump a qualifié d’« erreur désastreuse » le refus d’Anthropic d’accorder à l’armée américaine une utilisation sans restriction de son IA. « Leur égoïsme met en danger des vies américaines, nos troupes et la sécurité nationale », a-t-il accusé.
- Les géants de la tech au secours d’Anthropic
Des centaines d’employés de Google et OpenAI ont publié vendredi une lettre de soutien à Anthropic, menacé par le gouvernement américain s’il ne lève pas les restrictions à l’usage de son intelligence artificielle (IA) à des fins militaires et de sécurité.
« Le Pentagone négocie avec Google et OpenAI pour leur faire accepter ce qu’Anthropic a refusé », ont écrit les auteurs d’une lettre ouverte publiée vendredi et signée par 366 employés de Google et 70 d’OpenAI. « Nous espérons que nos dirigeants vont mettre leurs différences de côté et s’unir pour refuser les demandes » du ministère de la Défense, ont-ils exhorté.
Le patron d’OpenAI Sam Altman a estimé vendredi sur la chaîne CNBC que « le Pentagone ne devrait pas menacer » d’appliquer la loi de 1950 à Anthropic.
Selon le Wall Street Journal, le dirigeant a révélé jeudi, en interne, travailler à une issue pour ce dossier, qui pourrait passer par l’utilisation des modèles d’OpenAI. Pour autant, il a également affirmé que la surveillance de masse et l’automatisation d’attaques mortelles étaient des « lignes rouges » pour l’entreprise, une position similaire à celle d’Anthropic.
Dans un autre appel publié vendredi, des syndicats et organes de représentation de salariés d’Amazon, Microsoft et Google ont demandé à leurs employeurs de « rejeter les demandes du Pentagone ».




