
16 heures. La sonnerie retentit dans la cour du collège Antoine-Grimoald-Monnet à Champeix, posé sur sa butte avec vue imprenable sur les monts enneigés du Sancy (Puy-de-Dôme). Les élèves franchissent les grilles en papotant, cartable sur le dos. Un détail saute immédiatement aux yeux : aucun, ou presque, ne dégaine son téléphone. Pas de tête baissée, pas de pouces frénétiques. Ici, le réflexe pavlovien d’une génération ultra-connectée a été sérieusement bousculé.
Tout commence en décembre 2024. Deux affaires coup sur coup secouent ce collège rural sans histoire. « Il y a eu en quelques jours une menace de mort en 6e, et en 5e, des nudes diffusés par un inconnu », raconte Olivier Rogeaux, infatigable conseiller principal d’éducation. « Là, je me suis dit : on tente un truc complètement dingue. On supprime les réseaux ! »




