Des études « utiles aux astronautes, mais aussi aux patients sur Terre » : à Toulouse, la « clinique spatiale » œuvre pour la santé de tous

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C’est la première étude de ce type que lance l’Institut de médecine et de physiologie spatiales (Medes) de Toulouse (Haute-Garonne). En juin, dix hommes volontaires vont tester les effets conjugués du jeûne et de la micropesanteur en restant allongé dix jours dans un lit incliné, les pieds légèrement surélevés, tout en se contentant d’un repas de 250 calories par jour.

Le Medes, surnommé la clinique spatiale, mène depuis 1996 une grosse étude par an avec des volontaires, et plusieurs études en ambulatoire plus courtes, pour accroître les connaissances sur les effets de la microgravité et préparer les futurs vols spatiaux.

La particularité de cette nouvelle étude est bien évidemment le jeûne, avec des repas constitués seulement d’une cuillère de miel, d’un jus de fruit et d’un bouillon par jour. « Le jeûne intéresse de plus en plus les scientifiques pour ses conséquences sur le cerveau, le métabolisme, les muscles donc cette étude va être exploratoire puisqu’on ne sait pas ce qui va se passer sans activité physique », explique Rebecca Billette, responsable médicale du Medes et de l’étude clinique. « Nous allons observer l’impact que cela a sur le stress, la mémoire, les fonctions cognitives. C’est une situation dans laquelle peuvent se trouver les astronautes lors d’un long voyage ou un problème qui limiterait la nourriture ».

120 heures dans une baignoire pleine

Reconnu internationalement pour ces compétences, le Medes fait régulièrement appel à des personnes volontaires, en bonne santé, pour faire avancer la science et mener à bien ses différentes études.

VidéoCes cobayes empochent 18 000 euros pour rester allongés deux mois

En 2021, elle avait réalisé une étude sur « l’immersion sèche » de 18 femmes, à la demande de l’Agence spatiale européenne (ASE). Celles-ci étaient restées allongées cinq jours et cinq nuits dans des baignoires remplies d’eau à 32 °C, recouvertes d’un tissu imperméable pour les garder au sec, afin de reproduire la sensation d’apesanteur.

L’objectif était de constater certains effets des vols spatiaux sur le corps humain et plus particulièrement sur les femmes. En impesanteur, le corps des astronautes perd de la densité musculaire et osseuse, la vue peut subir une détérioration et on observe une redistribution des fluides dans l’organisme qui se déplacent notamment vers le cerveau.

« On a constaté que, chez les femmes, il y avait une perte de volume plasmatique, c’est-à-dire l’eau dans le sang, plus grande que chez les hommes, ainsi qu’une modification de leur température », détaille Rebecca Billette. « Leurs modèles ressemblent à ce qui se passe lors des vols spatiaux. Nos recherches sont utiles aux astronautes mais aussi pour les patients sur Terre atteints de troubles similaires, et pour les personnes âgées. »

Les volontaires sont rémunérés pour jouer « les cobayes », avec à la clé 5 000 euros pour cette nouvelle étude qui durera 20 jours. Après la période de jeûne, les candidats seront en effet suivis durant 10 jours, puis revus trois mois plus tard. « Beaucoup de personnes qui ont participé sont prêtes à le refaire, mais nous préférons avoir des sujets qui ne connaissent pas les lieux, qui ne sont pas en situation d’habitude », confie la responsable médicale du Medes.

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