« Des niveaux très élevés » : une enquête de médias dénonce une large contamination des sols aux PFAS dans la Meuse et les Ardennes

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Une enquête de France 3 et Disclose révèle des taux records de polluants éternels dans des sols agricoles de ces deux départements, où des boues industrielles ont été épandues des décennies durant.

L’interdiction de consommer de l’eau du robinet en raison de concentration élevée aux PFAS (polluants éternels) dans une dizaine de communes de la Meuse et des Ardennes depuis l’été 2025 « n’est que la vitrine du scandale ». Une enquête basée sur des analyses scientifiques et publiée ce mercredi 25 février par France 3 et Disclose révèle des taux records de PFAS dans des sols agricoles de ces deux départements.

En s’appuyant sur 44 prélèvements analysés par un scientifique canadien, les deux médias affirment que ces polluants éternels « se sont infiltrés partout, des champs aux rivières, des parcelles agricoles aux nappes souterraines, des légumes au sang des habitants ».

À Villy, petit village des Ardennes, jusqu’à 457 microgrammes de PFAS par kilogramme (µg/kg) ont été mesurés dans des terres agricoles. Une teneur mesurée « inédite » en France pour des terres agricoles, selon Aurélia Michaud, ingénieure à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) interrogée par l’AFP.

« Ce sont des niveaux de contamination très élevés », qui s’approchent de ceux de sites contaminés et non de sols agricoles, ajoute-t-elle, et qui pourraient mener à des « transferts de PFAS des sols vers les cultures ».

Tous les poissons prélevés jugés « non conformes »

Des taux de PFAS supérieurs à 0,1 µg/litre, la norme maximale préconisée pour l’eau potable, ont aussi été mesurés dans trois cours d’eau et les puits de deux exploitations agricoles, tendant à montrer que ces polluants éternels migrent également vers les nappes d’eau souterraines.

D’après un document confidentiel de la préfecture de la Meuse cité par France 3 Champagne-Ardenne et Disclose, tous les poissons prélevés dans la rivière Bar (Ardennes) sont jugés « non conformes » aux normes européennes. Et pourtant, leur consommation reste autorisée.

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En France, il n’existe pour l’instant pas de réglementation encadrant la présence de polluants éternels dans les sols ou dans les aliments. « Nous n’avons que des taux recommandés au niveau européen », notait auprès de l’AFP début décembre le sous-préfet de Vouziers et référent PFAS des Ardennes de l’époque, Hanafi Halil.

Une enquête judiciaire ouverte

Selon les deux médias, la présence de PFAS dans ces zones résulterait d’épandages durant des décennies sur « au moins 44 communes » de boues provenant d’une papeterie de Stenay, qui a fermé en 2024.

Le préfet de la Meuse avait déclaré en octobre avoir fait un signalement au parquet afin de déterminer la « cause de la pollution » et la responsabilité potentielle de la papeterie. Le procureur de Nancy a confirmé à l’AFP l’ouverture d’une enquête judiciaire en janvier sur cette affaire.

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