Quelle meilleure période qu’une campagne électorale pour défendre sa cause auprès de candidats à la recherche de voix ? L’association Eau publique Orge Essonne, qui milite pour la réappropriation publique de la gestion de l’eau potable sur le territoire, ne s’en cache pas.
En ce mois de février, l’association a saisi « l’opportunité des municipales » pour interpeller les têtes de liste, sous la forme d’un questionnaire. Il vise à recueillir leurs positions sur le sujet pour les publier.
En temps normal, l’association, qui couvre le territoire de Cœur d’Essonne agglomération (21 communes), affirme « se bagarrer pour obtenir des informations. Les élus agissent dans leur coin. Ils nous rétorquent souvent que les gens n’y comprennent rien, déplore Pascal Grandjeat, son président. On souhaite qu’ils s’engagent dans un échange transparent avec les habitants. »
Pour l’heure, le questionnaire ne rencontre pas le succès espéré. « On a reçu trois accusés de réception en réponse, on s’apprête à relancer. C’est compliqué », admet Pascal Grandjeat. Mais il ne lâche pas.
Factures d’eau en hausse, interrogations des usagers sur la qualité de l’eau, Eau publique Orge Essonne l’assure : « Les inquiétudes sont là. Les gens ont pris conscience de l’impact sur la santé », estime le président. Pour élaborer le questionnaire, il s’est d’ailleurs appuyé sur les retours obtenus lors d’une réunion publique organisée à Sainte-Geneviève-des-Bois en novembre dernier.
Les agglomérations sont aussi concernées via leurs futurs élus
Bien que la gestion de l’eau soit une compétence communautaire et non communale, « les scrutins des 15 et 22 mars prochains restent déterminants, car les gens qui siégeront à l’agglomération seront nommés par les candidats élus », rappelle l’association.
L’Agence locale de l’énergie et du climat (Alec) Ouest Essonne entend pour sa part profiter du calendrier électoral pour mettre en avant la rénovation énergétique de l’habitat. L’agence en question est plus précisément l’espace conseil France Renov, le service public de l’État qui accompagne les collectivités et les particuliers sur le territoire dans ce domaine.
« On aide à évaluer la consommation énergétique, à proposer des scénarios d’amélioration. On donne des conseils pour éviter les arnaques ou pour aller chercher des financements », détaille Sophie Labrousse, sa directrice.
« Des propositions réalisables à l’échelle d’un mandat »
Pour ces municipales, l’Alec soumet dix propositions aux candidats pour « faire de la rénovation énergétique une priorité municipale ». Elles sont classées en trois niveaux de faisabilité, d’engagement et de coût. Elles sont censées être « réalisables à l’échelle d’un mandat municipal » et toutes adaptées « aux particularités du territoire que l’on connaît bien », souligne Sophie Labrousse.
Construire et mettre en œuvre un plan sobriété communal, sensibiliser habitants et élus aux énergies renouvelables, accélérer la rénovation des copropriétés ou instaurer un permis de louer pour lutter contre l’habitat indigne et les passoires thermiques sont quelques-unes des idées soumises aux listes intéressées.
Bien que créée et dirigée par des élus des intercommunalités de Paris-Saclay, du Dourdannais en Hurepoix et du Pays de Limours, « elle n’est pas dans un rôle de lobbying. Nos membres sont de toutes sensibilités politiques », assure la directrice.
« Certaines communes s’en sont déjà saisies et des résultats existent », rappelle-t-elle. En 2025, l’Agence locale de l’énergie et du climat Ouest Essonne a ainsi accompagné pas moins de « 900 ménages et 28 communes », illustre Sophie Labrousse.




