Intelligence artificielle : cinq minutes pour comprendre pourquoi l’armée américaine remplace Anthropic par OpenAI

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L’armée américaine vient de trancher dans la course à l’intelligence artificielle militaire : OpenAI (ChatGPT) devient le partenaire officiel du Pentagone, au détriment d’Anthropic, qui avait refusé d’ouvrir ses modèles d’intelligence artificielle sans restrictions à l’armée américaine.

Sam Altman, le patron d’OpenAI, a annoncé sur X vendredi avoir conclu un accord avec le ministère de la Défense (renommé « ministère de la Guerre » par l’administration Trump) « afin de déployer leurs modèles dans leur réseau classifié ».

Un différend avec Anthropic

Dans le cadre d’un contrat de 200 millions de dollars signé en juin, Anthropic fournit au gouvernement ses modèles d’IA, largement utilisé par le ministère de la Défense.

Mais l’entreprise a toujours revendiqué une approche éthique de l’IA. La start-up californienne a ainsi refusé de laisser le Pentagone mettre son intelligence artificielle au service de la surveillance de masse des populations ainsi que pour automatiser des attaques mortelles. Elle a rejeté ce jeudi un ultimatum du ministre de la Défense Pete Hegseth exigeant que l’entreprise accorde à l’armée américaine une utilisation sans restriction de

« Dans un nombre restreint de cas, nous pensons que l’IA peut nuire aux valeurs démocratiques, plutôt que les défendre », avait défendu son patron Dario Amodei. « Utiliser ces systèmes à des fins de surveillance de masse domestique est incompatible avec les valeurs démocratiques », avait-il ajouté.

Le dirigeant quadragénaire insistait sur le fait que les systèmes les plus avancés d’IA ne sont pas encore fiables au point de leur confier le pouvoir de contrôler des armes mortelles - et donc de tuer - sans une supervision humaine en dernier ressort. Les armes entièrement autonomes « doivent être déployées avec des garde-fous appropriés, qui n’existent pas aujourd’hui », avait estimé Dario Amodei. « Nous ne fournirons pas sciemment un produit qui met militaires et civils américains en danger. »

Début 2026, la start-up a publié un document appelé « constitution » qui détaille une série d’instructions données à Claude pour encadrer sa production. Elles visent notamment à « empêcher des actions à la dangerosité inappropriée ».

La réponse cinglante de Donald Trump

En réaction, Donald Trump a ordonné vendredi à son administration de « cesser immédiatement toute utilisation » de l’intelligence artificielle (IA) d’Anthropic. Il a fustigé une entreprise de « gauche radicale et woke » qui voudrait « dicter » à l’armée « comment combattre et gagner des guerres ».

« Nous n’en avons pas besoin, nous n’en voulons pas, et nous ne travaillerons plus avec eux », a tonné le président américain sur sa plateforme Truth Social. Il a expliqué qu’une période de transition de six mois allait s’ouvrir, pendant laquelle le ministère de la Défense en particulier allait se séparer des outils d’Anthropic.

Le ministre de la Défense Pete Hegseth a, lui, accusé Anthropic de « trahison », fustigé les « caprices idéologiques des géants de la tech » et banni l’entreprise de toute collaboration directe ou indirecte avec l’armée américaine.

Nouvel accord avec OpenAI

Un nouvel accord a rapidement été annoncé avec Sam Altman, patron d’OpenAI. Il intègre « l’interdiction de la surveillance de masse au niveau national et la responsabilité humaine dans l’usage de la force, y compris pour les systèmes d’armes autonomes », soit les mêmes lignes rouges que celles posées auparavant par Anthropic pour que le Pentagone puisse utiliser ses modèles d’IA.

« Nous mettrons également en place des garanties techniques pour nous assurer que nos modèles se comportent comme ils le devraient, ce que le ministère de la Guerre souhaitait également », a poursuivi le patron d’OpenAI, créateur de ChatGPT.

Des employés d’OpenAI en soutien

Anthropic juge cette éviction « juridiquement infondée » et promet de saisir la justice. Face à la pression exercée par le gouvernement Trump, quelque 400 employés de Google et OpenAI avaient exprimé vendredi leur soutien à Anthropic dans une lettre ouverte.

« Le Pentagone négocie avec Google et OpenAI pour leur faire accepter ce qu’Anthropic a refusé », ont-ils écrit. « Nous espérons que nos dirigeants vont mettre leurs différences de côté et s’unir pour refuser les demandes » du ministère de la Défense, exhortent les auteurs.

Malgré sa victoire, Sam Altman a demandé au ministère « d’offrir ces mêmes conditions à toutes les entreprises d’IA ». Et d’ajouter : « nous avons exprimé notre vif souhait de voir les choses s’apaiser, loin des actions juridiques et gouvernementales, pour aboutir à des accords raisonnables ».

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