Municipales à Saintes : les inondations avantagent-elles le maire sortant ou ses concurrents ?

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À Saintes (Charente-Maritime), la campagne des élections municipales reprend après deux semaines de parenthèses imposées par la crue du fleuve Charente et les inondations majeures qui ont frappé plus de 2000 biens. Torpillées par la montée des eaux, les cinq listes en lice n’ont eu d’autre choix que s’imposer une trêve « au service des Saintaises et Saintais », phrase répétée à l’unisson.

« Il aurait été choquant de poursuivre la campagne », estime Laurent Daviet, ancien conseiller municipal de l’actuelle majorité entré en dissidence. « La politique doit savoir se mettre en retrait », souligne l’outsider (PS) Ludovic Norigeon. « Les autres candidats ont fait semblant, à part Ludovic Norigeon. Ils ont distribué des tracts, des viennoiseries », tacle le maire sortant Bruno Drapron (Horizons), qui reprend officiellement sa campagne ce lundi.

« On élit un maire pour six ans. C’est quand même une décision importante pour l’avenir de la ville. Il est nécessaire d’avoir un débat démocratique. Ce débat est tronqué », regrette Jean-Philippe Machon, l’ancien maire de Saintes cité par le quotidien « Sud Ouest ». Lui tentera les 15 et 22 mars un come-back sous l’étiquette divers-droite. Il devait présenter sa liste le 23 février, opération repoussée au... 11 mars.

Seul le candidat Rémy Catrou (LFI) aura maintenu la présentation de sa liste le 19 février. Les trois autres candidats avaient présenté leurs colistières et colistiers avant la crue mais ont dû décaler leurs réunions publiques et autres opérations de campagne. Certains pointent du doigt l’avantage tiré, selon eux, de la crue par Bruno Drapron, le maire sortant.

Ces crues à répétition, la faute à qui ?

« Il a tout misé sur Leroy Merlin (une grande surface qui vient enfin d’obtenir le feu vert pour ouvrir dans le secteur NDLR) et les inondations, le voilà servi. Surmédiatiser cet événement, c’était son vœu le plus pieux », insiste Laurent Daviet, le dissident. « J’ai dû me concentrer à 100% sur les inondations. Ça me dessert, j’aurais préféré avoir plus de temps pour échanger avec les habitants. La médiatisation, ça sert à faire venir un ministre, à obtenir plus rapidement l’état de catastrophe naturelle », rétorque le maire sortant.

Reste « une campagne express » à mener dans des conditions délicates d’ici au premier tour le 15 mars. De nombreux Saintais n’auront clairement pas tourné la page des inondations lors des deux tours du scrutin municipales. Comment les soutenir tout en abordant les autres thèmes et dossiers importants pour la ville ? Le socialiste Ludovic Norigeon entend maintenir le sujet sur la table en conciliant « environnement et solidarités ».

« J’espère, lâche-il, que les citoyens feront le bilan de ces crues, de l’inaction et de l’inactivité en matière environnementale », en ciblant le bilan de l’actuelle majorité conduite par Bruno Drapron. L’ancien maire Jean-Philippe Machon entend lui aussi enfoncer le clou et défend des travaux d’envergure en amont du fleuve comme à Saintes. Les cinq candidats partagent au moins deux points communs : ils redoutent tous les effets négatifs de ces crues à répétition pour l’image de la ville. Et aucun ne sait comment réagiront politiquement les Saintais après cette trêve.

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